La recherche sur les embryons doit aussi s’intéresser à l’infertilité et aux anomalies congénitales

Hier au cours du débat du projet de loi bioéthique, nous avons étudié le cadre des recherches portant sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires.

Voici ce qu’il en est :

– Le cadre actuel de recherche sur les embryons est maintenu : il est nécessaire aux équipes scientifiques d’obtenir une autorisation préalable de l’Agence de biomédecine pour des recherches sur les embryons. Le maintien de critères stricts est assuré : pertinence scientifique du projet de recherche, finalité médicale, recherche non réalisable sans le recours à ces embryons. Les principes éthiques qui régissent la recherche sur les embryons et cellules souches sont rappelés, notamment l’interdiction du clonage pour la constitution des embryons.

– Pour les cellules souches embryonnaires humaines, un nouveau régime de recherche soumis à déclaration préalable est institué.

Nous avons donc décidé d’acter la différence de nature entre embryons et cellules souches.

En parallèle, les débats ont porté sur une disposition visant à renforcer les recherches sur l’infertilité, partant du postulat qu’une meilleure connaissance de l’infertilité et de ses causes pourrait éviter le recours accru à l’assistance médicale à la procréation.

J’ai ainsi apporté mon soutien à un amendement déposé par des collègues du groupe communiste visant à développer la recherche sur l’infertilité liée aux problématiques environnementales : perturbateurs endocriniens, ondes électromagnétiques.

Dans mon intervention, j’ai évoqué l’inquiétude croissante de la population tant face à l’infertilité pouvant être fondée sur ces causes que sur certaines conséquences sanitaires majeures : en Loire-Atlantique, les « bébés nés sans bras » ou les nombreux cas localisés de cancers pédiatriques souffrent de méconnaissance scientifique.

J’ai rappelé que « la recherche scientifique publique ne parvient pas à lever les doutes de la population : certains facteurs sont étudiés isolément, sans établir de causalité. Les familles concernées souhaitent que la puissance sanitaire publique approfondisse ses investigations, en s’intéressant à l’effet cocktail, multifactoriel. Dans ce flou, les boucs émissaires sont vite trouvés (activités industrielles passées, pesticides…) sans établir de preuve : nous ne pouvons pas nous satisfaire de cette situation nébuleuse. Les élu·e·s des communes sont aussi bien désemparés. »

Extrait de mon intervention au Sénat le 28 janvier 2020 en soutien à l’amendement 215 à l’article 14 du projet de loi bioéthique.
J’ai défendu le développement de la recherche sur les embryons en lien avec l’infertilité due aux perturbateurs endocriniens ou aux ondes électromagnétiques.

Selon moi, il y a un risque de « confier au marché le diagnostic sanitaire de notre population ».

L’amendement n’a pas été adopté, de peu, ce que je regrette, mais je maintiens mon attention à ce sujet, dans la lignée de ma question écrite posée au gouvernement au sujet des cancers pédiatriques de Sainte-Pazanne.

Photo : Human oocyte with Zona pellucida, in vitro fertilization (IVF) and assisted reproductive technology (ART) with ZEISS Axio Vert.A1 and PlasDIC contrasting method, CC-by-sa par Zeiss.

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