Auxiliaires de vie : les premier·ère·s de tranchée ne peuvent pas être les dernier·ère·s de cordée

Après le rejet à l’Assemblée par le gouvernement d’un amendement socialiste qui prévoyait qu’une prime de 1 000 euros par auxiliaire de vie soit versée directement à toutes les structures qui les emploient, des élu·e·s socialistes demandent à l’État au travers de cette tribune, parue dans l’édition électronique du Journal du Dimanche du 26 avril, dont je suis signataire et donc je reproduis ici le contenu et les signataires.

« Ils et elles prennent soin de nos parents, de nos grands-parents lorsque leur autonomie faiblit, tantôt le temps qu’ils se remettent d’une hospitalisation, tantôt en les accompagnant dans la plus grande dignité et en profonde humanité jusqu’à leur dernier souffle.

Les auxiliaires de vie représentent un maillon structurant et fondamental de la chaîne de prise en charge des malades et des personnes âgées à domicile. Plus encore, dans les départements ruraux, l’auxiliaire de vie est bien plus qu’une aide : c’est une présence quotidienne bienveillante qui apporte joie et convivialité. Au fil des années, elles deviennent souvent des membres à part entière des familles.

Leurs conditions de travail sont en temps ordinaire très difficiles avec du temps partiel subi, des horaires à coupures les obligeant à intervenir semaine et week-end, en les privant ainsi de moments précieux où leurs familles sont rassemblées. Elles apportent à nos aînés ces gestes techniques et de tendresse que les familles ne peuvent plus rendre car souvent trop éloignées ou trop occupées.

Dans cette crise sanitaire sans précédent, ces personnels ont été considérés comme les derniers de cordée du parcours de soin. Et pourtant, ils ont continué à assurer leur service malgré un niveau de protection les exposant à des risques, d’abord personnels puis pour leurs proches. Cette situation nous oblige à un devoir de reconnaissance.

Qu’en est-il pour autant de leur reconnaissance par l’État?

Dans la dernière loi de finances rectificative débattue ce vendredi, le gouvernement a manifesté une fin de non-recevoir à l’amendement du groupe Socialistes et Apparentés présenté par le député Jean-Louis Bricout. Cet amendement proposait qu’une prime de 1 000 euros par auxiliaire de vie soit versée directement à toutes les structures qui les emploient : privées et publiques (ADMR, CCAS, SIVOM, Communautés de Communes…), ainsi qu’aux particuliers employeurs. L’argumentation du gouvernement renvoyant à la bonne volonté des employeurs de proposer à ces personnels la « prime Macron » ou à la prime « Fonction publique » n’est pas acceptable. C’est mal connaître la réalité du terrain : trop de ces structures n’en ont pas les moyens budgétaires et c’est particulièrement le cas des structures associatives comme l’ADMR.

À ces femmes et ces hommes, qui prennent soin quotidiennement de nos aînés et de nos proches dans la difficulté physique, nous devons une juste reconnaissance. Une reconnaissance digne. Une reconnaissance humaine, à la hauteur de l’engagement de celles et ceux qui sont en première ligne, et trop souvent oubliés.

Au-delà d’une nécessaire revalorisation de leur salaire avec un minimum mensuel garanti, nous, socialistes, élus en responsabilités, demandons à l’État, compte-tenu de la crise sanitaire, le versement de cette prime exceptionnelle de reconnaissance de
1 000 euros, à chaque auxiliaire de vie, via les structures employeurs.

Bien sûr d’autres corps de métiers méritent notre reconnaissance et nous resterons vigilants sur la pertinence des dispositifs de réparation engagés par le gouvernement. Pour autant, le cas des auxiliaires de vie est particulièrement singulier et injuste. Il mérite un soutien sans faille.

Si hier le combat s’est heurté à une fin de non-recevoir à l’Assemblée Nationale, nous le poursuivrons demain, par la voix de nos sénateur·rice·s.

Ce combat nous le mènerons également dans nos départements, aux côtés de ces personnels et avec le soutien espéré des élu·e·s territoriaux de tous rangs. Les premiers de tranchée ne doivent pas être les derniers de cordée de cette crise sanitaire. Notre pugnacité sera totale pour une reconnaissance méritée ».

Tribune co-écrite par : Jean-Louis BRICOUT, député PS de l’Aisne, Yves DAUDIGNY, sénateur PS de l’Aisne et Thomas HENNEQUIN, premier fédéral du Parti socialiste de l’Aisne

Cosignataires : l’ensemble du groupe des député·e·s socialistes et apparenté·e·s, à savoir : M. Olivier FAURE, Mme Valérie RABAULT, M. Boris VALLAUD, Mme Christine PIRES BEAUNE, M. David HABIB, Mme Claudia ROUAUX, M. Joël AVIRAGNET, Mme Erika BAREIGTS, Mme Marie-Noëlle BATTISTEL, Mme Gisèle BIEMOURET,
M. Christophe BOUILLON, M. Luc CARVOUNAS, M. Alain DAVID, Mme Laurence DUMONT, M. Guillaume GAROT, M. Christian HUTIN, M. Régis JUANICO, Mme Marietta KARAMANLI, M. Jérôme LAMBERT, M. Serge LETCHIMY, Mme Josette MANIN, Mme Georges PAU-LANGEVIN, M. Dominique POTIER, M. Joachim PUEYO, M. Hervé SAULIGNAC, Mme Sylvie TOLMONT, Mme Cécile UNTERMAYER, Mme Hélène VAINQUEUR-CHRISTOPHE, Mme Michèle VICTORY.

Les sénatrices et sénateurs du groupe socialiste : le président M. Patrick KANNER, M. Claude BÉRIT-DÉBAT, M. Joël BIGOT, Mme Maryvonne BLONDIN, Mme Nicole BONNEFOY, M. Martiel BOURQUIN, Mme Hélène CONWAY-MOURET, M. Michel DAGBERT, M. Gilbert-Luc DEVINAZ, M. Jérôme DURAIN, M. Alain DURAN, M. Vincent ÉBLÉ, Mme Frédérique ESPAGNAC, M. Rémi FÉRAUD, Mme Corinne FÉRET, M. Jean-Luc FICHET, M. Hervé GILLÉ, Mme Marie-Pierre De LA GONTRIE, Mme Annie GUILLEMOT, Mme Laurence HARRIBEY, M. Jean-Michel HOULLEGATTE, M. Olivier JACQUIN, M. Patrice JOLY, Mme Gisèle JOURDA, M. Jean-Yves LECONTE, Mme Claudine LEPAGE, Mme Monique LUBIN, M. Jacques-Bernard MAGNER, M. Didier MARIE, Mme Michelle MEUNIER, Mme Marie-Pierre MONIER, M. Franck MONTAUGÉ, Mme Angèle PREVILLE, Mme Sylvie ROBERT, M. Gilbert ROGER, Mme Laurence ROSSIGNOL, M. Jean-Pierre SUEUR, M. Rachid TEMAL, M. Jean-Claude TISSOT, Mme Nelly TOCQUEVILLE, M. Jean-Marc TODESCHINI, M. Jean-Louis TOURENNE, Mme Sabine VAN HEGHE.

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