J’aime pas quand près d’un millier d’enfants dorment dans la rue une veille de rentrée scolaire

C’est un « J’aime pas » qui prend la forme d’un coup de gueule. Lire ce chiffre c’est comme prendre un upercut en plein visage. Et pourtant, bien qu’assourdissant, il est pourtant presque passé inaperçu.

C’est une enquête publiée ce jeudi 16 septembre par la Fédération des acteurs de la solidarité et UNICEF France et relayée par l’Agence France presse qui nous le révèle.
Elle nous apprend que dans la nuit du 1er au 2 septembre, veille de rentrée scolaire, « 1483 enfants de moins de 18 ans ont dormi à la rue ou dans des abris de fortune ».
Ce chiffre est basé sur le nombre de personnes (5527, selon l’enquête) ayant contacté le 15 à cette date en France métropolitaine.

Comment ne pas en être choquée ? Regardons la réalité en face, comment peut-on imaginer qu’un enfant dormant dans la rue soit à même de disposer pleinement de ses facultés pour que le lendemain venu, il·elle soit en capacité de recevoir les apprentissages qui lui permettront de se construire. C’est inconcevable.

Le plus affligeant, et la FAS et UNICEF France le disent très bien, ce millier d’enfants est loin de représenter la réalité de la situation puisque passent sous le radar de cette enquête, les familles ayant dormi à la rue qui n’ont pas appelé le 15, celles vivant dans les bidonvilles ou les squats et les mineurs non accompagnés.

A l’heure où à la crise sanitaire se combine la crise économique, il semble que le gouvernement ne prenne pas la mesure de la crise sociale qui frappe durement les populations les plus fragiles.
Dans le plan de relance gouvernemental de plus d’100 millards d’euros annoncé la semaine passée, seulement 0,8 % seront consacrés à l’aide aux plus précaires. Ce plan ne prévoit aucune création de places supplémentaires d’hébergement alors que le nombre des familles dans le besoin ne cesse de croître.

Il y a à peine deux ans, en novembre 2018, le président de la République en lançant sa stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté annonçait en grande pompe, que son objectif n’était pas « de permettre aux gens de vivre un petit peu mieux dans la pauvreté » mais qu’ils en sortent.

Il est temps de prendre conscience d’une réalité inhumaine et injuste. Ces enfants au même titre que tous les autres méritent que l’on regarde en face la pauvreté qui frappe notre pays. Le président de la République et son gouvernement doivent se saisir sérieusement de ce qui sonne comme une priorité.

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