J’aime : le documentaire « Primum non nocere, l’enfant victime de violences sexuelles devient-il un adulte comme les autres ? »

Dre Violaine Guérin (capture Documentaire "Primum non nocere" E. Lemasson

Dans son documentaire, le réalisateur Éric Lemasson donne la parole à la fois aux victimes de violences mais aussi aux médecins et professionnel·le·s de santé. Si la vocation première de ce travail est de sensibiliser le monde médical dans sa globalité, il va bien au delà en alternant les témoignages montrant l’étendue de l’incidence sur la vie des victimes mais aussi sur la nécessité de revoir les apprentissages médicaux. 

Les témoignages de sage-femmes, patientes victimes, gynécologues mais aussi d’une ostéopathe évoquent combien les corps expriment les maux. 
La docteure Violaine Guérin le dit : bien souvent les problèmes obstétricaux rencontrés chez des futures mamans ou encore les maladies tyroïdiennes ou auto-immunes peuvent avoir un lien avec des violences sexuelles subies pendant leur enfance et pour lesquelles il n’a pas été fait de parcours de soins réparateurs. 

D’autres praticien·ne·s intervenant dans le champ gynécologique disent également que la première des questions à poser aux patient·e·s et avec toute la bienveillance nécessaire à l’approche de ce sujet, devrait-être « avez-vous fait l’objet de violences sexuelles ? ». À titre d’exemple, l’endométriose tend désormais a être abordée comme pouvant être la conséquence de violences sexuelles subies sur une longue période. 

Pour ces médecins, dont le docteur Israël Nisand, il est désormais nécessaire de changer de paradigme et, à la fois d’enrichir le cursus universitaire des médecins et des professionnel·le·s de santé sur la question des violences sexuelles et leurs conséquences, mais aussi pour que les pratiques soient plus bienveillantes envers les patient·e·s et notamment que les médecins se projettent dans leur situation. En effet, pour les victimes de ce type de violence, tout acte médical prodigué dans la zone concernée sans leur consentement les amène à revivre les violences subies et dont ils et elles portent les stigmates dans leurs chairs. 

Rappelons que selon les estimations du Conseil de l’Europe, près d’un enfant sur cinq est victime de violences sexuelles. Ces violences ont des conséquences sur les adultes qu’ils et elles deviennent. Elles ont également des conséquences sur nos dépenses de santé. Ne l’oublions pas. 

Photo : Docteure Violaine Guérin, endocrinologue (extrait du documentaire)

J’aime : le confinement, oui, mais pas au péril de sa vie

couverture guide Assemblée des Femmes confinement lutte contre les violences intrafamiliales

L’association féministe L’Assemblée des Femmes, présidée par ma collègue Laurence Rossignol, sénatrice de l’Oise, vient de mettre à disposition un guide pour lutter contre les violences intrafamiliales. Ce document vise à faire le point sur les ressources d’aide aux victimes, afin de les accompagner à distance dans leur mise en sécurité et celle de leurs enfants ; il s’adresse également aux voisin·e·s et aux témoins des violences.

Aujourd’hui, près de 200 000 femmes sont contraintes, comme leurs enfants, de vivre avec l’auteur des violences.

Les chiffres dont on dispose pour le moment parlent d’eux-mêmes. Lors de la première semaine de confinement, les violences conjugales ont augmenté de 32 % en zone gendarmerie et 36% en zone police. Le huis clos imposé par la pandémie de Covid-19 rend la question des violences intrafamiliales particulièrement sensible.

Le gouvernement a mis en place des mesures supplémentaires au 3919 et au site arretonslesviolences.gouv.fr, comme le 114, numéro d’urgence destiné aux sourd·e·s et malentendant·e·s qui est maintenant accessible aux personnes victimes de violences au sein de leur famille en cette période de confinement. Ainsi que la possibilité pour les femmes d’aller demander de l’aide en pharmacie. En prononçant « Masque19 » les pharmacien·ne·s ont la possibilité de prévenir les forces de l’ordre. Cette procédure devrait être précisée sous peu.

Enfin, un million d’euros va être distribué aux associations et 20 000 nuitées d’hôtel seront autorisées pour éloigner les victimes ou les conjoints coupables de ces violences. Je m’en félicite.

Localement, les associations engagées sur le terrain de la lutte contre les violences faites aux femmes comme Solidarité FemmeS Loire-Atlantique, sont inquiètes. L’avocate Anne Bouillon également.

Elles redoutent que la fin de cette période qui, pour certaines s’avère être de l’ordre de la réclusion plus que du confinement, ne débouche sur un afflux de demandes et de besoins urgents de la part de femmes pour lesquelles les situations se seront tendues à l’extrême. 

Il est important que le gouvernement prenne d’ores et déjà les mesures financières nécessaires au soutien de ces structures afin qu’elles puissent mener à bien les missions pour lesquelles elles œuvrent avec le plus grand dévouement avec des moyens bien trop restreints. 

Rappelons qu’en cette période de crise sanitaire, les consignes de confinement strictes doivent être respectées. Pour autant dès lors qu’il s’agit de devoir échapper à son tortionnaire ou à son bourreau auprès duquel l’on sent sa vie menacée, la consigne demeure la préservation de sa vie et donc inexorablement la fuite.   

Télécharger le guide édité par l’Assemblée des femmes :

Voici le texte de ma question. Seul le prononcé fait foi

Monsieur le ministre,
On le sait le fonctionnement actuel de certains EHPAD est déjà dans un « mode dégradé ». Les mots que j’emprunte sont volontairement déshumanisés pour qualifier des réalités déshumanisantes. Le manque de personnel est criant et l’ensemble des professionnel.les ne cesse de le rappeler et attendent des mesures plus que chirurgicales que celles prises par votre prédécesseure à ces fonctions.

Or, il est reconnu et documenté que l’hébergement en institution peut favoriser la diffusion des virus. Le COVID-19 n’y fait pas exception et n’y fera pas exception.

Les personnes âgées font parties des personnes les plus à risques de par leur vulnérabilité aux infections respiratoires aiguës, mais aussi par le profil de comorbilité présenté par certains sujets. Je rappelle que le virus de la grippe reste le premier facteur de cause de mortalité dans les établissements.


Les EHPAD situés dans les clusters, comme à Crépy-en-Valois, ont d’ores et déjà pris les mesures qui s’imposent : confinement des résidents dans leur chambre y compris pour les repas et restrictions drastiques de visites entre autres.
Pour les autres établissements, dans ses dernières recommandations adressées aux professionnels du secteur médico-social, votre ministère incite les établissements à identifier les salariés revenant des zones à risque. Dans ces cas de figure, le personnel est invité à ne venir travailler qu’après la période de quatorzaine et/ou à voir leurs activités réorganisées afin de ne pas être en contact avec ces personnes, par définition vulnérables.


Ainsi dans un contexte général d’activité déjà particulièrement tendu
, on ne peut pas ne pas penser aux résidents. Le SYNERPA envoyait d’ailleurs hier aux établissements, un rappel des mesures générales à appliquer où il évoque notamment cette continuité d’activité.


Ma question monsieur le ministre est la suivante, et elle est double. Dans un contexte épidémique éventuel, quelles mesures le gouvernement compte-t-il mettre en œuvre pour faire face à une prise en charge massive des personnes âgées infectées ? Et quelles mesures peuvent être prises pour permettraient la continuité de l’activité dans les EHPAD?