J’aime : « Des Liens » vers la culture pour les plus vulnĂ©rables

La scĂšne nantaise rock et alternative a toujours su se distinguer par le talent de ses ambassadrices et ambassadeurs mais aussi par ses actions.
Voici une initiative qu’il me semble bon de relayer voire de distinguer, tant l’idĂ©e et la volontĂ© d’agir pour un public souvent loin des salles de spectacles est forte.

« Des liens » est le nom du collectif qui s’est produit le 2 mars dernier Ă  La Soufflerie (RezĂ©) sous l’impulsion de son crĂ©ateur l’auteur, compositeur et interprĂšte Dominique A. Ce concert venait clore une sĂ©rie d’une douzaine de concert donnĂ©s dans des structures de l’agglomĂ©ration nantaise Ă  l’attention de spectateurs dont la plupart en situation de prĂ©caritĂ©. Cette soirĂ©e Ă©tait Ă©galement l’aboutissement d’un travail menĂ© en partenariat avec les travailleurs sociaux et les bĂ©nĂ©voles, et les artistes

AndrĂ© Lebot, directeur du restaurant social Pierre-Landais oĂč s’est produit Dominique A, le dit en toute simplicitĂ© : « ce n’est pas que l’estomac qu’il faut restaurer. Permettre un accĂšs Ă  la culture, c’est rĂ©pondre Ă  la question du sens de la vie ». PrĂ©cise-t-il dans l’article consacrĂ© Ă  cette action du numĂ©ro 3110 d’ActualitĂ©s sociales hebdomadaires.

La culture est un outil supplĂ©mentaire, pour permettre Ă  chacune et Ă  chacun de se sentir vibrant mais surtout vivant. Pour ce public dĂ©muni, la culture aide Ă  retrouver la confiance nĂ©cessaire Ă  la reconstruction de soi et Ă  l‘estime de soi. Cette initiative est une belle idĂ©e. Bravo !

Photo : Dominique A en concert avec le collectif Des liens à la Soufflerie à Rezé.

 

J’aime pas : le sexisme au quotidien mĂ©rite un uppercut !

Le courrier : c’est un aspect qui Ă©chappe certainement Ă  nos concitoyen·ne·s mais les parlementaires reçoivent beaucoup de courrier : sollicitations individuelles ou collectives, invitations, prises de positions utiles Ă  l’analyse et beaucoup de presse spĂ©cialisĂ©e, permettant Ă  nombre d’organisations de communiquer sur leur actualitĂ©.

Cette semaine, Ă  la lecture de ce courrier, j’ai dĂ©nichĂ© une pĂ©pite sexiste dans Le BĂątiment Artisanal, le magazine Ă©ditĂ© par la confĂ©dĂ©ration de l’artisanat et des petites entreprises du bĂątiment (CAPEB).

Le contexte : dans l’Aveyron, la fĂ©dĂ©ration et un club sportif organisent un gala de combats de boxe pour promouvoir le syndicalisme du bĂątiment. Un match de boxeuses est mĂȘme prĂ©vu pour mettre en valeur la pratique fĂ©minine. Rien Ă  redire Ă  ce stade.

Affiche de l’Aveyron Boxing Tour co-organisĂ© par la CAPEB de l’Aveyron

À l’affiche, ça se corse : une boxeuse. Assise, passive, prĂȘte Ă  jeter l’éponge ? LĂ  oĂč d’autres galas de boxe n’hĂ©sitent pas Ă  montrer les pratiquantes au combat, poings levĂ©s ou en garde, celle ci n’évoque vraiment pas les qualitĂ©s requises pour le « noble art» 

Et dans le magazine ?  Une photo de la tribune protocolaire de cet Ă©vĂšnement met Ă  l’honneur onze hommes ! La paritĂ© pourtant revendiquĂ©e comme une valeur du syndicat des artisans du bĂątiment est envoyĂ©e au tapis. Page Aveyron du magazine 395 CAPEB de mai 2019

C’est dĂ©cevant, mais tristement rĂ©vĂ©lateur d’un sexisme du quotidien que nous devons toutes et tous dĂ©noncer.

J’aime : el camino de la igualdad

L’Espagne fait un grand pas sur le chemin de l’égalitĂ© : notre voisin a dĂ©cidĂ© de faire converger les durĂ©es des congĂ©s maternitĂ© et paternitĂ© Ă  l’horizon 2021. Depuis le 1er avril, les pĂšres peuvent prendre un congĂ© paternitĂ© de huit semaines (contre cinq semaines auparavant) indemnisĂ© Ă  100 %.

Ces durées sont à comparer aux onze jours accordés en France aux pÚres (depuis 1980) ou, dans les familles homoparentales, à la personne qui partage la vie de la mÚre (depuis décembre 2012).

En 2021, la durée de ces congés sera de 16 semaines pour les femmes comme pour les hommes.

Les consĂ©quences de cette Ă©galitĂ© de traitement entre parents, tant pour l’éducation des enfants que pour l’égalitĂ© professionnelle dans le dĂ©roulement de la carriĂšre des femmes sont connues : nous avons tou·te·s Ă  y gagner. Les Françaises et les Français y sont favorables Ă  60 % chez les 25- 34 ans.

Alors qu’en France, certains persistent Ă  nous donner leurs leçons du pouvoir tandis que d’autres assĂšnent que le progrĂšs ne tombe pas du ciel, l’Espagne nous donne Ă  voir une trĂšs belle dĂ©monstration du progrĂšs en actes. J’aime beaucoup.

Plus d’infos dans cet article du Huffington Post CongĂ© paternitĂ© : l’Espagne fait un pas vers l’égalitĂ© parentale

Photo : Pere Aragones sur twitter.

J’aime : « Le cas de Mademoiselle L., 14 ans » au thĂ©Ăątre

Novecento Souffle Le cas de Mlle L Fiapac Philippe David

À vos agendas : je tiens Ă  partager avec vous un coup de cƓur nantais. Ce mardi 26 mars, Ă  20 h, salle Paul Fort, la troupe de thĂ©Ăątre amateur de l’association Novecento, un nouveau souffle prĂ©sentera  sa piĂšce « Le cas de Mademoiselle L., 14 ans ».

J’ai assistĂ© Ă  la reprĂ©sentation de cette piĂšce en septembre 2018 lors de la confĂ©rence internationale de praticiens de l’avortement et de la contraception, Ă  Nantes.

On découvre au fil de cette piÚce, la tragique histoire de Louise, 14 ans, tombée enceinte aprÚs avoir été violée par son petit copain. La nouvelle est un uppercut pour elle comme pour son pÚre, en grande précarité.

Louise compte dĂ©jĂ  14 semaines de grossesse (dĂ©lai limite en France pour effectuer Ă  un avortement). Le Planning familial lui conseille d’aller Ă  l’Ă©tranger pour procĂ©der Ă  l’interruption volontaire de grossesse. Mais tout cela a un coĂ»t qui va nĂ©cessiter pour son pĂšre, de vendre sa voiture et pour Louise, de se prostituer.

Le spectateur se retrouve successivement dans le bureau du planning familial puis dans la salle de rĂ©union des praticiens du Centre IVG, tĂ©moin du dĂ©sarroi des professionnel·le·s tiraillé·e·s entre Ă©thique et conscience ou encore dans le huis-clos du domicile familial oĂč la dĂ©tresse de la jeune fille et le dĂ©sespoir du pĂšre transpirent.

Cette piĂšce a Ă©tĂ© inspirĂ©e de parcours et d’histoires vĂ©cues relatĂ©s par les membres du centre d’IVG Clotilde-Vautier de Nantes, dont le gynĂ©cologue Philippe David, membre de cette troupe. Elle est portĂ©e par le texte poignant de Romain Fohr et servie par la mise en scĂšne rythmĂ©e d’Alan Boone.

Ce rĂ©cit contribue grandement Ă  mettre en lumiĂšre la pratique de l’interruption mĂ©dicale de grossesse (IMG) mobilisĂ©e par des gynĂ©cologues lorsque la situation psycho-affective de la (future) maman est trop fragile pour justifier que la grossesse aille a son terme. Les enjeux Ă©thiques autour de cette pratique seront Ă©voquĂ©s Ă  l’issue de la reprĂ©sentation avec la prĂ©sentation du projet ISEAD (Institut Souffle-Éthique-Art Dramatique).

À ne pas manquer.

Mardi 26 mars 2019, 20 h, salle Paul Fort – La Bouche d’Air, 9 rue Basse Porte 44000 Nantes.

Billetterie : https://www.helloasso.com/associations/novecento-un-nouveau-souffle/evenements/representation-en-public-le-cas-de-mademoiselle-l-14-ans

J’aime pas : la pĂ©nurie de gynĂ©cologues met en danger la santĂ© des femmes

Manque d’intĂ©rĂȘt des mĂ©decins hommes, dĂ©ficit de formation en gynĂ©cologie mĂ©dicale durant des annĂ©es : le nombre de gynĂ©cologues ne permet pas une couverture sanitaire suffisante des femmes. Les consĂ©quences sont graves : retard de prise en charge, baisse de l’Ă©ducation Ă  la sexualitĂ©, moindres diagnostics des maladies.

« C’est un vĂ©ritable retour en arriĂšre » France Info a relayĂ© ces derniers jours l’alerte d’une gynĂ©cologue inquiĂšte du mauvais suivi d’une de ses patientes par son gĂ©nĂ©raliste.
Si les sages-femmes sont formées pour assurer le suivi gynécologique des femmes, comme les généralistes, la situation inquiÚte le comité de défense de la gynécologie médicale.

La prochaine loi santĂ© prĂ©sentĂ©e hier par Mme Buzyn devra ĂȘtre l’occasion de rĂ©affirmer le soutien Ă  la gynĂ©cologie mĂ©dicale. Cela devrait ĂȘtre une Ă©vidence pour un gouvernement ayant dĂ©clarĂ© « grande cause nationale » l’Ă©galitĂ© entre les femmes et les hommes.

J’aime : le numĂ©ro de fĂ©vrier mars du magazine Loire-Atlantique

Une fois n’est pas coutume, je tiens Ă  partager un coup de cƓur local et mettre Ă  l’honneur ce magazine institutionnel qui Ă  chaque numĂ©ro fait un focus sur un thĂšme illustrant les champs d’intervention du DĂ©partement.

La derniĂšre Ă©dition consacre son dossier aux violences Ă©ducatives ordinaires, en Ă©cho Ă  la proposition de loi du 28 novembre dernier pour lutter contre les violences Ă©ducatives et visant Ă  inscrire le principe selon lequel l’autoritĂ© parentale doit s’exercer sans violence physique ou psychique.

On y trouve Ă©galement le tĂ©moignage de professionnel·le·s dont ClĂ©mentine Claire, rencontrĂ©e en octobre dernier pour me prĂ©senter Ă  la fois la mĂ©thode et son rĂ©seau dĂ©diĂ© Ă  la parentalitĂ© crĂ©ative, concept de parentalité consciente, joyeuse et aimante posĂ©e par Catherine Dumonteil Kremer et reposant sur les derniĂšres recherches en neurosciences, les acquis de la psychologie positive, la communication non-violente, la thĂ©orie de l’attachement, et de l’état de nos connaissances sur les mĂ©canismes Ă©motionnels des enfants et des adultes.

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Jacqueline Cadio, hommage rendu dans le numéro 159 février/mars 2019 du magazine Loire-Atlantique.

Enfin, Ă  lire dans ce magazine, en amont du 8 mars, journĂ©e internationale des droits des femmes, le portrait de 8 femmes qui ont marquĂ© la Loire-Atlantique de leurs pas militants dont celui de Jacqueline Cadio, qui  par ses travaux au conseil gĂ©nĂ©ral puis Ă  mes cĂŽtĂ©s en tant que collaboratrice parlementaire a su faire avancer l’égalitĂ© entre les femmes et les hommes et la lutte contre les violences faites aux femmes. C’est un bel hommage Ă  son action.

J’aime pas : la rĂ©forme de l’assurance-chĂŽmage des assistantes maternelles

Les assistantes maternelles veulent faire entendre leur opposition Ă  la rĂ©forme de l’assurance-chĂŽmage. Ce samedi 2 fĂ©vrier, elles arboreront des gilets roses pour manifester contre la rĂ©forme des modalitĂ©s du cumul emploi-chĂŽmage avec le soutien de FO et de la CGT. Je leur apporte Ă©galement tout mon soutien.

Pleinement investies dans l’Ă©ducation des plus jeunes, leurs conditions d’emplois sont assez particuliĂšres : elles cumulent de un Ă  quatre employeurs (les familles, qui leur versent chacune un salaire horaire largement infĂ©rieur au SMIC), l’amplitude horaire d’une journĂ©e de travail peut ĂȘtre trĂšs grande entre le premier enfant accueilli le matin et le dernier reparti le soir. Cette prĂ©caritĂ© est d’autant plus grande lorsque les fins de contrats surviennent (dĂ©but de scolarisation, dĂ©mĂ©nagement d’une famille
).

Actuellement, les assistant·e·s maternel·le·s perçoivent une allocation de retour Ă  l’emploi (ARE) qui permet de cumuler les salaires restants et l’allocation chĂŽmage correspondant au contrat perdu : 105 000 assistant·e·s – un tiers d’entre-elles et d’entre eux – sont concerné·e·s.

À l’automne, 40 000 « assmat’ » ont signĂ© une pĂ©tition d’ampleur appelant Ă  maintenir ce cumul allocation-emploi, craignant une forte baisse de revenus pour les assistant·e·s maternel·le·s en cas de suppression. Le ministĂšre du travail explique qu’il n’a pas prĂ©vu de supprimer cette ARE mais appelle Ă  en revoir les modalitĂ©s « afin d’inciter davantage les personnes Ă  privilĂ©gier les revenus d’activitĂ© ».

La baisse de revenus n’est pas Ă©cartĂ©e et la rĂ©ponse du gouvernement, fondĂ©e sur une future ordonnance sur les mĂ©tiers de la petite enfance entretient un flou inquiĂ©tant.

J’aime pas : Sanofi refuse de contribuer Ă  l’indemnisation des victimes DĂ©pakine

Marine Martin et Michelle Meunier

Mercredi dernier le groupe pharmaceutique Sanofi a annoncĂ© refuser de contribuer Ă  l’indemnisation des victimes de son produit antiĂ©pileptique DĂ©pakine, en argumentant qu’« il n’est pas acceptable que le dispositif d’indemnisation fasse peser sur le laboratoire les consĂ©quences des refus rĂ©pĂ©tĂ©s de l’AutoritĂ© de santĂ© » de faire figurer sur la notice patient le risque pour le fƓtus lors de la prise de ce mĂ©dicament pendant une grossesse. Le groupe rejette ainsi l’entiĂšre responsabilitĂ© de ce scandale sanitaire sur l’État alors que l’Office national d’indemnisation des accidents mĂ©dicaux prĂ©voyait une responsabilitĂ© de l’État Ă  hauteur de 30 % et celle de Sanofi Ă  hauteur de 70 %. Continuer la lecture de « J’aime pas : Sanofi refuse de contribuer Ă  l’indemnisation des victimes DĂ©pakine »