J’aurais bien aimĂ© : l’allongement Ă  14 semaines de grossesse pour la pratique de l’IVG

[Mise-Ă -jour du mardi 11 juin]

Ce mardi, aprĂšs le vote de vendredi dernier permettant l’allongement des dĂ©lais de 12 Ă  14 semaines de grossesse pour pratiquer une IVG, la majoritĂ© Les RĂ©publicains du SĂ©nat a dĂ©cidĂ© de revoter. Ce nouveau vote a Ă©tĂ© mis en Ɠuvre, avec l’assentiment du gouvernement.
J’ai dĂ©fendu cette disposition, condition indispensable du droit effectif Ă  l’avortement.

Face Ă  une mesure visant Ă  rĂ©duire les inĂ©galitĂ©s sociales, les sĂ©natrices et sĂ©nateurs de droite ont prĂ©fĂ©rĂ© leur dogmatisme conservateur : le SĂ©nat est ainsi revenu sur son vote.  Une manƓuvre grossiĂšre. Un recul pour les droits des femmes.

[Article original du vendredi 7 juin]

Le vendredi 7 juin 2019, lors de l’examen du projet de loi Organisation et transformation du systĂšme de santĂ©, le SĂ©nat a adoptĂ© un amendement dĂ©posĂ© par ma collĂšgue sĂ©natrice socialiste Laurence Rossignol qui allonge de deux semaines les dĂ©lais pour la pratique de l’interruption volontaire de grossesse.

Actuellement, la loi ne permet pas la pratique des IVG au-delà de douze semaines de grossesse. Ce délai ne repose sur aucun fondement scientifique, certains pays européens ont des délais plus longs (16 semaines en SuÚde, 22 au Royaume-Uni et aux Pays-Bas).

« Mon corps m’appartient ! »

Cette adoption inattendue est une belle nouvelle pour la santĂ© sexuelle et reproductive et pour les droits des femmes. Il faudra dĂ©sormais que l’AssemblĂ©e nationale adopte le texte dans les mĂȘmes termes.

L’allongement Ă  quatorze semaines va permettre de rĂ©parer une immense injustice sociale : les femmes les plus prĂ©caires voient le dĂ©lai de douze semaines tomber comme un couperet tandis que les plus aisĂ©es peuvent lĂ©galement allez faire pratiquer une IVG Ă  l’étranger. Une situation d’injustice dĂ©jĂ  connue avant la lĂ©galisation de l’avortement. J’avais dĂ©jĂ  pointĂ© du doigt la trĂšs grande vulnĂ©rabilitĂ© de certaines femmes dans l’accĂšs Ă  l’avortement. La pratique de l’interruption mĂ©dicale de grossesse, en raison du pĂ©ril pour la santĂ© de la femme, permettant dans certains cas de remĂ©dier Ă  des dĂ©lais dĂ©passĂ©s.

J’aime : Avec « She Cannes » les femmes de cinĂ©ma en haut de l’affiche

À la veille du dĂ©voilement du fameux palmarĂšs du non moins fameux festival de Cannes, le producteur Maxime Ruszniewski a souhaitĂ© mettre les femmes de cinĂ©ma en haut de l’affiche avec #SheCannes, une sĂ©rie de vidĂ©os podcasts dont la sortie est annoncĂ©e pour juin sur les plateformes dĂ©diĂ©es.

Depuis le bouleversement #MeToo, le cinĂ©ma tente de faire sa mue et de rendre aux femmes de cette industrie culturelle si masculinisĂ©e la place qui leur est due. Le collectif 5050 dĂ©nonce rĂ©guliĂšrement les inĂ©galitĂ©s de salaire entre femmes et hommes dans le cinĂ©ma et milite pour l’égalitĂ© et la diversitĂ©.

Ces dix portraits de femmes promettent de montrer comment, par leurs travaux et leur engagement, elles ont agi pour faire bouger les curseurs dans leur parcours cinĂ©matographique. En appui de la sortie de cette sĂ©rie, le producteur prĂ©cise qu’« elles s’interrogent sur la place du genre dans leur Ɠuvre ou leur fonction. De leurs dĂ©buts Ă  la prise de conscience des premiĂšres injustices, elles livrent leurs expĂ©riences ».

On retrouvera ainsi interrogées par Iris Brey : la journaliste Caroline Fourest, les scénaristes et réalisatrices Alice Diop, Rebecca Zlotowski, Céline Sciamma, Tonie Marshall et Nadja Anane mais également, la présidente du Centre nationale du Cinéma, Frédérique Bredin, ainsi que les comédiennes Sandrine Bonnaire et Aïssa Maïga.

À n’en pas douter, une belle collection pour rendre hommage à toutes ces femmes, celles de l’ombre comme celles sous les projecteurs.

 

J’aime : « Des Liens » vers la culture pour les plus vulnĂ©rables

La scĂšne nantaise rock et alternative a toujours su se distinguer par le talent de ses ambassadrices et ambassadeurs mais aussi par ses actions.
Voici une initiative qu’il me semble bon de relayer voire de distinguer, tant l’idĂ©e et la volontĂ© d’agir pour un public souvent loin des salles de spectacles est forte.

« Des liens » est le nom du collectif qui s’est produit le 2 mars dernier Ă  La Soufflerie (RezĂ©) sous l’impulsion de son crĂ©ateur l’auteur, compositeur et interprĂšte Dominique A. Ce concert venait clore une sĂ©rie d’une douzaine de concert donnĂ©s dans des structures de l’agglomĂ©ration nantaise Ă  l’attention de spectateurs dont la plupart en situation de prĂ©caritĂ©. Cette soirĂ©e Ă©tait Ă©galement l’aboutissement d’un travail menĂ© en partenariat avec les travailleurs sociaux et les bĂ©nĂ©voles, et les artistes

AndrĂ© Lebot, directeur du restaurant social Pierre-Landais oĂč s’est produit Dominique A, le dit en toute simplicitĂ© : « ce n’est pas que l’estomac qu’il faut restaurer. Permettre un accĂšs Ă  la culture, c’est rĂ©pondre Ă  la question du sens de la vie ». PrĂ©cise-t-il dans l’article consacrĂ© Ă  cette action du numĂ©ro 3110 d’ActualitĂ©s sociales hebdomadaires.

La culture est un outil supplĂ©mentaire, pour permettre Ă  chacune et Ă  chacun de se sentir vibrant mais surtout vivant. Pour ce public dĂ©muni, la culture aide Ă  retrouver la confiance nĂ©cessaire Ă  la reconstruction de soi et Ă  l‘estime de soi. Cette initiative est une belle idĂ©e. Bravo !

Photo : Dominique A en concert avec le collectif Des liens à la Soufflerie à Rezé.

 

J’aime pas : le sexisme au quotidien mĂ©rite un uppercut !

Le courrier : c’est un aspect qui Ă©chappe certainement Ă  nos concitoyen·ne·s mais les parlementaires reçoivent beaucoup de courrier : sollicitations individuelles ou collectives, invitations, prises de positions utiles Ă  l’analyse et beaucoup de presse spĂ©cialisĂ©e, permettant Ă  nombre d’organisations de communiquer sur leur actualitĂ©.

Cette semaine, Ă  la lecture de ce courrier, j’ai dĂ©nichĂ© une pĂ©pite sexiste dans Le BĂątiment Artisanal, le magazine Ă©ditĂ© par la confĂ©dĂ©ration de l’artisanat et des petites entreprises du bĂątiment (CAPEB).

Le contexte : dans l’Aveyron, la fĂ©dĂ©ration et un club sportif organisent un gala de combats de boxe pour promouvoir le syndicalisme du bĂątiment. Un match de boxeuses est mĂȘme prĂ©vu pour mettre en valeur la pratique fĂ©minine. Rien Ă  redire Ă  ce stade.

Affiche de l’Aveyron Boxing Tour co-organisĂ© par la CAPEB de l’Aveyron

À l’affiche, ça se corse : une boxeuse. Assise, passive, prĂȘte Ă  jeter l’éponge ? LĂ  oĂč d’autres galas de boxe n’hĂ©sitent pas Ă  montrer les pratiquantes au combat, poings levĂ©s ou en garde, celle ci n’évoque vraiment pas les qualitĂ©s requises pour le « noble art» 

Et dans le magazine ?  Une photo de la tribune protocolaire de cet Ă©vĂšnement met Ă  l’honneur onze hommes ! La paritĂ© pourtant revendiquĂ©e comme une valeur du syndicat des artisans du bĂątiment est envoyĂ©e au tapis. Page Aveyron du magazine 395 CAPEB de mai 2019

C’est dĂ©cevant, mais tristement rĂ©vĂ©lateur d’un sexisme du quotidien que nous devons toutes et tous dĂ©noncer.

J’aime : el camino de la igualdad

L’Espagne fait un grand pas sur le chemin de l’égalitĂ© : notre voisin a dĂ©cidĂ© de faire converger les durĂ©es des congĂ©s maternitĂ© et paternitĂ© Ă  l’horizon 2021. Depuis le 1er avril, les pĂšres peuvent prendre un congĂ© paternitĂ© de huit semaines (contre cinq semaines auparavant) indemnisĂ© Ă  100 %.

Ces durées sont à comparer aux onze jours accordés en France aux pÚres (depuis 1980) ou, dans les familles homoparentales, à la personne qui partage la vie de la mÚre (depuis décembre 2012).

En 2021, la durée de ces congés sera de 16 semaines pour les femmes comme pour les hommes.

Les consĂ©quences de cette Ă©galitĂ© de traitement entre parents, tant pour l’éducation des enfants que pour l’égalitĂ© professionnelle dans le dĂ©roulement de la carriĂšre des femmes sont connues : nous avons tou·te·s Ă  y gagner. Les Françaises et les Français y sont favorables Ă  60 % chez les 25- 34 ans.

Alors qu’en France, certains persistent Ă  nous donner leurs leçons du pouvoir tandis que d’autres assĂšnent que le progrĂšs ne tombe pas du ciel, l’Espagne nous donne Ă  voir une trĂšs belle dĂ©monstration du progrĂšs en actes. J’aime beaucoup.

Plus d’infos dans cet article du Huffington Post CongĂ© paternitĂ© : l’Espagne fait un pas vers l’égalitĂ© parentale

Photo : Pere Aragones sur twitter.

J’aime : « Le cas de Mademoiselle L., 14 ans » au thĂ©Ăątre

Novecento Souffle Le cas de Mlle L Fiapac Philippe David

À vos agendas : je tiens Ă  partager avec vous un coup de cƓur nantais. Ce mardi 26 mars, Ă  20 h, salle Paul Fort, la troupe de thĂ©Ăątre amateur de l’association Novecento, un nouveau souffle prĂ©sentera  sa piĂšce « Le cas de Mademoiselle L., 14 ans ».

J’ai assistĂ© Ă  la reprĂ©sentation de cette piĂšce en septembre 2018 lors de la confĂ©rence internationale de praticiens de l’avortement et de la contraception, Ă  Nantes.

On découvre au fil de cette piÚce, la tragique histoire de Louise, 14 ans, tombée enceinte aprÚs avoir été violée par son petit copain. La nouvelle est un uppercut pour elle comme pour son pÚre, en grande précarité.

Louise compte dĂ©jĂ  14 semaines de grossesse (dĂ©lai limite en France pour effectuer Ă  un avortement). Le Planning familial lui conseille d’aller Ă  l’Ă©tranger pour procĂ©der Ă  l’interruption volontaire de grossesse. Mais tout cela a un coĂ»t qui va nĂ©cessiter pour son pĂšre, de vendre sa voiture et pour Louise, de se prostituer.

Le spectateur se retrouve successivement dans le bureau du planning familial puis dans la salle de rĂ©union des praticiens du Centre IVG, tĂ©moin du dĂ©sarroi des professionnel·le·s tiraillé·e·s entre Ă©thique et conscience ou encore dans le huis-clos du domicile familial oĂč la dĂ©tresse de la jeune fille et le dĂ©sespoir du pĂšre transpirent.

Cette piĂšce a Ă©tĂ© inspirĂ©e de parcours et d’histoires vĂ©cues relatĂ©s par les membres du centre d’IVG Clotilde-Vautier de Nantes, dont le gynĂ©cologue Philippe David, membre de cette troupe. Elle est portĂ©e par le texte poignant de Romain Fohr et servie par la mise en scĂšne rythmĂ©e d’Alan Boone.

Ce rĂ©cit contribue grandement Ă  mettre en lumiĂšre la pratique de l’interruption mĂ©dicale de grossesse (IMG) mobilisĂ©e par des gynĂ©cologues lorsque la situation psycho-affective de la (future) maman est trop fragile pour justifier que la grossesse aille a son terme. Les enjeux Ă©thiques autour de cette pratique seront Ă©voquĂ©s Ă  l’issue de la reprĂ©sentation avec la prĂ©sentation du projet ISEAD (Institut Souffle-Éthique-Art Dramatique).

À ne pas manquer.

Mardi 26 mars 2019, 20 h, salle Paul Fort – La Bouche d’Air, 9 rue Basse Porte 44000 Nantes.

Billetterie : https://www.helloasso.com/associations/novecento-un-nouveau-souffle/evenements/representation-en-public-le-cas-de-mademoiselle-l-14-ans

J’aime pas : la pĂ©nurie de gynĂ©cologues met en danger la santĂ© des femmes

Manque d’intĂ©rĂȘt des mĂ©decins hommes, dĂ©ficit de formation en gynĂ©cologie mĂ©dicale durant des annĂ©es : le nombre de gynĂ©cologues ne permet pas une couverture sanitaire suffisante des femmes. Les consĂ©quences sont graves : retard de prise en charge, baisse de l’Ă©ducation Ă  la sexualitĂ©, moindres diagnostics des maladies.

« C’est un vĂ©ritable retour en arriĂšre » France Info a relayĂ© ces derniers jours l’alerte d’une gynĂ©cologue inquiĂšte du mauvais suivi d’une de ses patientes par son gĂ©nĂ©raliste.
Si les sages-femmes sont formées pour assurer le suivi gynécologique des femmes, comme les généralistes, la situation inquiÚte le comité de défense de la gynécologie médicale.

La prochaine loi santĂ© prĂ©sentĂ©e hier par Mme Buzyn devra ĂȘtre l’occasion de rĂ©affirmer le soutien Ă  la gynĂ©cologie mĂ©dicale. Cela devrait ĂȘtre une Ă©vidence pour un gouvernement ayant dĂ©clarĂ© « grande cause nationale » l’Ă©galitĂ© entre les femmes et les hommes.

J’aime : le numĂ©ro de fĂ©vrier mars du magazine Loire-Atlantique

Une fois n’est pas coutume, je tiens Ă  partager un coup de cƓur local et mettre Ă  l’honneur ce magazine institutionnel qui Ă  chaque numĂ©ro fait un focus sur un thĂšme illustrant les champs d’intervention du DĂ©partement.

La derniĂšre Ă©dition consacre son dossier aux violences Ă©ducatives ordinaires, en Ă©cho Ă  la proposition de loi du 28 novembre dernier pour lutter contre les violences Ă©ducatives et visant Ă  inscrire le principe selon lequel l’autoritĂ© parentale doit s’exercer sans violence physique ou psychique.

On y trouve Ă©galement le tĂ©moignage de professionnel·le·s dont ClĂ©mentine Claire, rencontrĂ©e en octobre dernier pour me prĂ©senter Ă  la fois la mĂ©thode et son rĂ©seau dĂ©diĂ© Ă  la parentalitĂ© crĂ©ative, concept de parentalité consciente, joyeuse et aimante posĂ©e par Catherine Dumonteil Kremer et reposant sur les derniĂšres recherches en neurosciences, les acquis de la psychologie positive, la communication non-violente, la thĂ©orie de l’attachement, et de l’état de nos connaissances sur les mĂ©canismes Ă©motionnels des enfants et des adultes.

Cadio mag 159 CD44
Jacqueline Cadio, hommage rendu dans le numéro 159 février/mars 2019 du magazine Loire-Atlantique.

Enfin, Ă  lire dans ce magazine, en amont du 8 mars, journĂ©e internationale des droits des femmes, le portrait de 8 femmes qui ont marquĂ© la Loire-Atlantique de leurs pas militants dont celui de Jacqueline Cadio, qui  par ses travaux au conseil gĂ©nĂ©ral puis Ă  mes cĂŽtĂ©s en tant que collaboratrice parlementaire a su faire avancer l’égalitĂ© entre les femmes et les hommes et la lutte contre les violences faites aux femmes. C’est un bel hommage Ă  son action.