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Intervention sur la lutte contre la discrimination en raison de la précarité sociale PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 18 Juin 2015 14:57

logo_ATD_QUART_MONDEVoir l'intervention en vidéo

Je remercie Yannick Vaugrenard pour son initiative qui nous donne une occasion de plus de nous intéresser à la situation de nos concitoyens et concitoyennes qui souffrent et perdent souvent espoir de voir leurs conditions de vie s’améliorer.

Interdire, dans la loi, toute forme de discrimination liée à la situation économique et sociale de la personne est un geste fort. Cette initiative s’appuie sur des situations vécues qui témoignent de l’indignité de certains comportements qu’il est utile d’interdire et de sanctionner. 
Même si, comme pour les autres discriminations, il ne sera pas toujours aisé de démontrer la volonté de nuire de son auteur et donc de le poursuivre, cet ajout fixe des limites positives qui viennent renforcer le pacte républicain.

Les individus « naissent et demeurent libres et égaux en droits » nous dit l’article premier de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Or, c’est bien souvent le cumul de difficultés, voire de discriminations qui exclue durablement les plus fragiles. La misère est comme un enchainement d’incessantes humiliations vécues comme autant de fautes, comme autant de devoirs non accomplis » comme le disait si bien dit Joseph Wresinski fondateur du mouvement ATD Quart monde

Les données statistiques nous donnent des tendances générales sur les populations les plus exposées. De fortes disparités territoriales existent. Les zones urbaines sont très impactées car ce sont les lieux où vivent les familles monoparentales (avec des femmes cheffes de familles dans l’écrasante majorité des cas), mais aussi les familles nombreuses et les jeunes ménages. Mais les zones rurales isolées, et avec une présence bien plus rare des services et équipements publics, n’échappent pas non plus à la pauvreté. En outre, les chiffres nous rappellent que plus de 3 millions d’enfants, soit un sur 5, vit sous le seuil de pauvreté. C’est tout simplement intolérable !

C’est au nom de l’engagement républicain que s’est organisée, après-guerre, notre Sécurité sociale puis les nombreux dispositifs re-distributifs qui existent dans notre pays. Ce sont autant de remparts contre l’exclusion et la grande pauvreté. Les diverses allocations représentent 35% du revenu disponible des 10% des personnes ayant les revenus les plus faibles. Ce taux passe à 46% dans les grandes villes entourées de quartiers populaires.

Mais c’est aussi au droit commun d’intégrer toutes les personnes, adultes et enfants, y compris celles en situation de précarité et de pauvreté. Je pense au droit au logement, à la santé, à la formation et à l’emploi, à l’accès aux modes de garde ou à la cantine pour les enfants. 

La loi pour l ‘égalité entre les femmes et les hommes apporte aussi des réponses pour limiter les inégalités qui touchent les femmes de notre pays. La réforme de l’éducation ne vise pas autre chose que de donner une chance à chacun-e de se construire quelque soit son milieu social d’origine. La Protection de l’enfance, par son action individualisée, vient, le plus en amont possible, prendre en compte les difficultés de la famille et tenter d’y remédier.

Il nous faut maintenir nos efforts de solidarité, sans stigmatiser, sans discriminer celles et ceux qui en bénéficient. Il nous faut même aller plus loin dans cette volonté de donner une chance à chacune et à chacun dès le plus jeune âge en nous imposant des indicateurs de suivi régulier dans toutes les politiques publiques pour les moins de 18 ans et en nous donnant des objectifs de progrès précis.

Nous devons, selon une expression chère à Geneviève Antonioz De Gaulle, cette militante infatigable contre la misère, refuser l’innaceptable. Refuser qu’une partie des enfants de notre société soient, dès leur plus jeune âge, discriminés du fait des difficultés économiques de leurs parents et de leur famille. Il est de notre devoir de les aider à surmonter ces difficultés et ainsi à se construire leur vie d’adulte. C’est tout le sens de ce texte. 

 
 

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