Fil d'actualités

La dernière vidéo

Interviews

Interview du 28/01/2015 sur la Protection de l'enfance

Interview du 05/01/2015 sur la Protection de l'enfance

Interview du 11/12/2014 sur la Protection de l'enfance

Interview du 29/09/2014 sur la Protection de l'enfance

Interview du 29/09/2014 sur les sénatoriales

Intervention sur la fin de vie PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 18 Juin 2015 14:52

fin-de-vieVoir l'intervention en vidéo

Nous voilà réunis pour aborder un sujet de société, un sujet sensible, un sujet qui peut concerner chacune et chacun d’entre nous.

Ce sujet, il est abordé, bien souvent, à travers le prisme d’affaires judiciaires. On y voit des personnes qui souffrent, des familles qui se déchirent, des médecins face à leur conscience, un encadrement législatif encore trop imprécis et qui reste sujet à interprétations.

Au delà de ces rebondissements médiatiques, il y a des centaines, des milliers de familles, qui accompagnent un proche en fin de vie. Les situations sont variées. Les manières de réagir également.

Mais le droit doit prévoir, préciser, accompagner les évolutions de la société.

Depuis 2012, le débat public a été engagé par le Président de la République : un large processus de consultation sur la fin de vie a pu être mis en place autour de la Commission Sicard, du Conseil National de l’Ordre des Médecins et du CCNE notamment. Comme a son habitude, le CCNE – dont j’ai l’honneur de faire partie -
a souhaité « dépassionner » le débat, en prenant le temps de la réflexion, des échanges, des rencontres. En prenant de la « hauteur » et du recul. En évitant l’emballement médiatique, la précipitation ou les dogmatismes.

Remis à l’automne 2014, le rapport du CCNE identifie les principaux points de convergences et de « blocage » qui ont pu s’exprimer au travers du débat public :
>> Convergences pour rendre rendre contraignantes les directives anticipées et permettre l’accès, en phase terminale, à une sédation profonde jusqu’au décès ;
>> Divergences quant à la question de l’assistance au suicide et de l’euthanasie.

Ces lignes forces, elles sont également au cœur du rapport des députés Claeys et Leonetti et de la proposition de loi qui en découle. Cette loi, que nous avons aujourd’hui sous les yeux, c’est une loi consensuelle. C’est un texte équilibré et transpartisan. C’est, surtout, un texte utile qui améliore – concrètement - les conditions de fin de vie des patients en phase terminale.

Un texte qui contribue à l’apaisement des souffrances et corrige les travers et les failles de la loi de 2005, applicable jusque là. Citons notamment l’accès inégal des patients face aux soins palliatifs et l’absence de contrainte – et de clarté - dans l’application de leurs volontés.

La proposition de loi des députés Claeys et Leonetti a pour objectif de remettre la volonté du patient au cœur des débats :
>> Elle impose le respect des « directives anticipées » au corps médical.
>> Elle crée un droit à la sédation profonde et continue, accompagnant l’arrêt du traitement du malade en phase terminale.
>> Elle renforce la pratique des soins palliatifs, qui ne concernent aujourd’hui que 20% des malades qui devraient en bénéficier.

Certes, comme de nombreuses associations et plusieurs de nos collègues le demandent, on  peut vouloir aller plus loin.
Dans le prolongement d’une proposition de loi - déposée par Jean-Pierre Godefroy en janvier 2012 et que j’ai cosignée avec de nombreux sénateurs et sénatrices socialistes - j’ai l’intime conviction qu'il faut permettre aux personnes atteintes d'une maladie grave et incurable entrainant une souffrance physique ou psychique insupportable, de mourir dans la dignitéIl s’agit, dès lors, de passer - dans des cas de figure précis, stricts et encadrés - du "laisser mourir" à l'"aide à mourir".

C'est tout le sens de l'amendement créant un article additionnel à l’article 2, que j’ai cosigné avec notre collègue Godefroy.
Il s’agit de permettre aux personnes dont l'état de santé ne laisse plus aucun espoir de guérison de ne pas finir leurs jours dans la souffrance et d'avoir le droit de choisir le moment de leur mort.  
Cet amendement – qui renforce la proposition de loi et lui donne encore plus de sens et de cohérence - il a le mérite de poser le débat dans notre hémicycle, où nous avons l’habitude – sur ce genre de sujets sociétaux – de dépasser nos clivage politiques et partisans.

Quoi qu’il en soit, et au delà de cette question, disons le sans ambiguité : ce texte est un bon texte. Le texte issu des débats de l’Assemblée nationale est un texte nécessaire et attendu, qui crée de nouveaux droits pour les malades et leurs familles et corrige le système actuel. C’est un texte d’équilibre et de consensus, qui marque une étape.

Il y en aura d’autres, assurément. Il faudra aller encore plus loin. Il faudra continuer d’avancer, pas à pas, pour apaiser les souffrances, pour accompagner les familles et les proches, pour préserver les dignités. Aujourd’hui, même si le chemin est encore long, nous avançons…et c’est déjà beaucoup !

 







 

 

 
 

RSS du Sénat