Fil d'actualités

La dernière vidéo

Interviews

Interview du 28/01/2015 sur la Protection de l'enfance

Interview du 05/01/2015 sur la Protection de l'enfance

Interview du 11/12/2014 sur la Protection de l'enfance

Interview du 29/09/2014 sur la Protection de l'enfance

Interview du 29/09/2014 sur les sénatoriales

Pesticides : vers le risque zéro PDF Imprimer Envoyer

pesticides

Le mot "pesticides" fait référence à l’ensemble des produits chimiques, naturels ou de synthèse, destinés à repousser ou détruire les nuisibles (microbes, animaux ou végétaux), durant la production, le stockage ou la commercialisation de produits agricoles, de denrées alimentaires, ou de bois. Ils servent également à combattre les différents vecteurs de maladies humaines ou animales.

 

Pourquoi lancer une mission sénatoriale sur le sujet ?

 

À la suite d'alertes et d'études sur l'état de santé d'agriculteurs victimes d'accidents, d'intoxications aiguës et de maladies chroniques liées à l’utilisation de pesticides, le groupe socialiste du Sénat a demandé la création d'une mission commune d'information sur les impacts des pesticides sur la santé et l'environnement.

Créée le 15 février 2012, elle comprend vingt-sept sénateurs et sénatrices, membres des différentes commissions du Sénat et de chacun des groupes politiques. A cette occasion j’ai été désignée Vice-présidente de la mission.

De mars à septembre, nous avons mené 95 auditions au Sénat et sur le terrain (lors de cinq déplacements), ce qui représente 102 heures de réunion et 205 personnes rencontrées.


Le rapport

 

Les travaux de la mission ont débouché sur la rédaction d’un rapport parlementaire, mêlant constats, analyses et propositions concrètes.

Les tables rondes ouvertes à la presse, et la diffusion d’éléments issus des travaux de la mission sur internet notamment, ont suscité de nombreuses réactions et interpellations de la part des industriels, des agriculteurs, des chercheurs, des associations…Le rapport, très attendu, a été présenté hier en conférence de presse au Sénat par Nicole Bonnefoy, sénatrice socialiste de Charente et rapporteure de la mission.

En janvier 2013, une séance plénière du Sénat sera consacrée à la présentation des travaux de la mission et des conclusions du rapport.


Quels angles d’attaque ?

 

La mission a choisi de concentrer sa réflexion sur l'impact des pesticides sur la santé des professionnel (fabricants, agriculteurs, épandeurs, personnels des silos de stockage, paysagistes) et sur leur entourage (familles de ces professionnels et riverains des activités de fabrication, de transport, de stockage et d'épandage des pesticides).

Le travail de la mission a tourné autour des maladies causées par les pesticides, du cadre juridique de l'autorisation de mise sur le marché de ces produits, de leur évaluation par les agences, de leur commercialisation et de leur utilisation au quotidien par les professionnels comme par les particuliers.

 

Quelles recommandations ?

 

Le rapport fait état d’une centaine de recommandations, adoptées à l'unanimité par la mission.

A qui s’adressent-elles ?

Elles concernent aussi bien les industriels, les agences d'évaluation, les coopératives, les agriculteurs, les professionnels de la santé, les collectivités territoriales que les particuliers.

Que proposent-elles ?

Elles développent des solutions pour améliorer la procédure d'autorisation de mise sur le marché, la vigilance sanitaire, ainsi que la recherche, la formation et l'information relatives à ces produits et à leurs impacts sur la santé.

Que vont-elles devenir ?

Elles sont destinées à être appliquées dans « la vie de tous les jours ».

Pour ce faire, il appartiendra à ses membres, et à l’ensemble des parlementaires, de s’en saisir en faisant évoluer la législation française : amendements au projet de loi de finances, propositions de loi, questions au Gouvernement…

Plus largement, ce rapport a vocation à susciter un « déclic » amenant à des changements dans les comportements individuels ou collectifs.

 

Des constats

 

>> Les dangers et les risques des pesticides pour la santé sont sous-évalués.

>> La mise en vente de produits pesticides dépend de l'obtention d'une autorisation de mise sur le marché valable dix ans alors que les effets de ces produits peuvent se manifester parfois plusieurs dizaines d'années après leur utilisation.

>> Les protections contre les pesticides ne sont pas à la hauteur des dangers et des risques, que ce soit lors de leur conception, de leur fabrication, de leur commercialisation ou de leur utilisation.

>> Conçues après la Seconde Guerre mondiale pour produire et vendre toujours davantage, les pratiques industrielles, agricoles et commerciales ne correspondent plus tout à fait aux préoccupations actuelles en matière de santé et de préservation de l’environnement,

>> Le « Plan Ecophyto » qui prévoit de réduire de 50% la quantité de pesticides utilisés en France à l'horizon 2018, doit être renforcé car 4 ans après son lancement l’usage de pesticides a augmenté au lieu de se réduire.

 

Et des propositions

Fabrication, commercialisation et utilisation

>> Développer des produits sous forme liquide plutôt qu’en poudre pour réduire le risque d’exposition aux poussières.

>> Interdire, à terme, la vente de produits phytosanitaires aux particuliers, à l'exception de ceux autorisés en agriculture biologique. Interdire toute vente de pesticides dans les supermarchés alimentaires.

>> Favoriser l’acquisition d’équipements de protection adaptés lors de tout achat de pesticides, notamment en vendant les équipements avec le produit.

>> Mettre fin aux dérogations, en France, à l’interdiction européenne de l’épandage de pesticides par aéronefs.

>> Inciter les collectivités territoriales à ne plus utiliser de pesticides d’ici 5 ans et promouvoir la généralisation des écoles, terrains de sport et jardins publics sans pesticides.

 

Impacts des pesticides dans le monde du travail

>> Étendre les études de santé aux personnes qui ne sont plus en activité, aux travailleurs saisonniers agricoles et aux intérimaires dans l’industrie.

>> Multiplier les visites sur place de la médecine du travail pour améliorer la sécurité des postes de travail.

>> Interdire l’emploi de femmes en âge de procréer sur les postes de travail exposés aux pesticides (les effets des perturbateurs endocriniens sont particulièrement sensibles en début de grossesse).

>> Simplifier l’accès au système de reconnaissance et de réparation des maladies professionnelles.

 

Formation et prévention

>> Former des agronomes et des entomologistes aux techniques alternatives à l’emploi de pesticides.

>>Enseigner aux professionnels de la santé les spécificités des maladies liées aux pesticides.

>> Accentuer les actions d’information et de prévention destinées aux femmes enceintes et aux jeunes enfants et celles consacrées aux risques, aux bonnes pratiques d’utilisation des pesticides et à la compréhension des étiquettes.

>> Sensibiliser les enfants, dès leur plus jeune âge, aux méthodes alternatives en créant des « jardins de la biodiversité » dans les écoles.



Pour aller plus loin :

Retrouvez ici le rapport complet.

 
 

RSS du Sénat