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Pour que le viol et les violences sexuelles cessent d'être des armes de guerre PDF Imprimer Envoyer

RapportviolencesddfLa délégation aux droits des femmes du sénat s'est saisie de la question des violences sexuelles dont les femmes sont victimes dans les territoires en guerre, notamment les viols. Au cours de cinq tables rondes, nous avons pu entendre des membres d'ONG et d'associations mais aussi des professionnels, des experts, ainsi que la ministre déléguée à la Francophonie, Yamina Benguigui. Des témoignages très forts, nous permettant de prendre la mesure des atrocités vécues sur le terrain...

A l'issue de ces différentes auditions, un rapport d'information vient d'être publié, au nom de la délégaiton, par la présidente Brigitte Gonthier-Maurin. Il appelle à ce que "le viol et les violences sexuelles cessent d'être des armes de guerre".
 

A travers ce travail d'analyse et de rélfexion, il s’agissait de s’interroger sur des violences particulières et aux conséquences particulières liées au contexte dans lequel elles sont commises. Mais ce sont des violences qui, comme toutes les violences commises envers les femmes s’inscrivent dans un « continuum ». Elles sont le reflet d’un sentiment de domination, de supériorité des hommes sur les femmes et sont bien souvent soumises à la « loi du silence ».
Il n’y a pas de fatalité ! Les violences commises envers les femmes, le viol notamment, ne sont acceptables ni en temps de guerre, ni en temps de paix. Leurs victimes doivent être protégées. Leurs auteurs doivent être condamnés.


Plus largement, il nous incombe, en temps de paix comme en temps de guerre d’agir pour déconstruire les stéréotypes notamment par l’éducation à l’égalité entre les hommes et les femmes, partout où cela est possible.
Il ne saurait, dans ce combat pour l’égalité, y avoir de « terrains perdus », de « zones de non-droit ». Et même si les zones de conflits peuvent parfois nous paraitre inaccessibles de ce point de vue, il ne faut pas baisser les bras.

Ce travail, de qualité apporte, en outre, un éclairage particulier sur un sujet particulier : les violences commises sur les femmes dans les pays en guerre.
Je reste marquée, pour ma part, par l’intervention de la ministre Yamina Benguigui, en particulier lorsqu'elle a brossé un état des lieux de ce qu’elle a pu découvrir en République Démocratique du Congo.
Le constat est glaçant :
- le silence et l’impunité règnent,
- le viol de masse, perpétré par des porteurs du VIH peut s’apparenter à une « nouvelle arme biologique »,
- la situation des enfants, nés de viols (et séropositifs pour beaucoup d’entre eux) ou celle des jeunes filles, parfois très jeunes et elle-mêmes victimes, est terrifiante, insoutenable,
- les conséquences sociales, psychologiques et sanitaires de ces violences sont effroyables…

Je retiens également que le « rôle de l’image » et de la mise en scène des violences constitue l’une des spécificités de la période actuelle. Et représente une torture supplémentaire pour les victimes, dont le supplice est filmé…
Mais je retiens aussi une volonté farouche de l’ensemble des acteurs auditionnés de mettre fin à la spirale et de lutter farouchement contre l’impunité des auteurs de ces violences et d’agir, toujours plus, pour la reconnaissance et la protection des victimes.

La résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations-Unies a fait entrer les violences sexuelles commises en temps de guerre dans le champ de compétences des institutions chargées de la paix et de la sécurité internationale. Une première étape pour mettre fin au silence et au déni. Elle insiste également sur l’importance de l’implication des femmes dans la reconstruction et le rétablissement de la paix. Les femmes sont vues comme actrices à part entière de la paix et pas seulement comme des victimes.

Mais il faudra aller plus loin, encore plus loin.
- Concernant l’accès à la justice tout d’abord. L’aide technique, humaine et matérielle, apportée aux pays en situation de post-conflit doit donc intégrer de manière systématique le renforcement du fonctionnement des institutions judiciaires, pour la condamnation des crimes et la réparation due aux victimes.
- Concernant la question plus générale du rôle et de la place des femmes dans nos sociétés, il faudra encourager et promouvoir les initiatives mises en œuvre pour faire progresser la place des femmes au sein du ministère de la défense.
A ce titre, je salue les propositions faites, dans le rapport, en faveur de la création d’un Observatoire de la parité à la défense et du renforcement de la présence des femmes dans les armées et à tous les niveaux.

 

 

 


 
 

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