J’aime : Martin Winckler réclame l’abolition du patriarcat médical

Martin Winckler dans Elle

Faut-il encore présenter Martin Winckler ? Médecin et écrivain, il relate, depuis plus de trente ans dans ses romans et essais sa vision de la pratique médicale, fondée sur l’écoute des patient·e·s, un engagement féministe sans faille et une mise à distance de l’industrie pharmaceutique.

Dans une récente tribune pour le magazine Elle, il rend un hommage mérité aux soignantes, les véritables soldates en première ligne de cette guerre contre le coronavirus. Il rappelle que « la grande majorité des professions de santé sont assurées par des femmes. La profession infirmière, qui en constitue plus de la moitié, est féminine à près de 90 %. Mais, parce que leurs métiers sont subordonnés à « l’autorité » des médecins, les soignantes professionnelles sont encore mésestimées, surchargées de travail et sous-payées ».

Lucide, ce médecin est conscient de ce qu’il doit à ces soignantes dans son éthique du soin : « c’est une femme qui m’a permis de comprendre que faire une IVG ou insérer un stérilet sans faire mal, c’est un soin ». Lucide, il l’est tout autant pour constater que la formation médicale aurait beaucoup à apprendre des soignantes. Il dénonce alors le pouvoir détenu par les hommes dans le système de santé en France.

Sa tribune, qui se termine par un appel à « renverser le patriarcat médical », fait écho à nombre de mes combats pour un meilleur accompagnement sanitaire des victimes de violences conjugales ou de violences sexuelles (qu’elles soient commises sur les enfants, ou comme les violences gynécologiques, sur les patientes).

Que cet allié soit ici remercié pour ses mots.

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Photo : capture d’écran du site de Elle.

J’aime pas : la pénurie de gynécologues met en danger la santé des femmes

Manque d’intérêt des médecins hommes, déficit de formation en gynécologie médicale durant des années : le nombre de gynécologues ne permet pas une couverture sanitaire suffisante des femmes. Les conséquences sont graves : retard de prise en charge, baisse de l’éducation à la sexualité, moindres diagnostics des maladies.

« C’est un véritable retour en arrière » France Info a relayé ces derniers jours l’alerte d’une gynécologue inquiète du mauvais suivi d’une de ses patientes par son généraliste.
Si les sages-femmes sont formées pour assurer le suivi gynécologique des femmes, comme les généralistes, la situation inquiète le comité de défense de la gynécologie médicale.

La prochaine loi santé présentée hier par Mme Buzyn devra être l’occasion de réaffirmer le soutien à la gynécologie médicale. Cela devrait être une évidence pour un gouvernement ayant déclaré « grande cause nationale » l’égalité entre les femmes et les hommes.