Projet de loi Santé : le Sénat a temporairement adopté un amendement socialiste portant de 12 à 14 semaines le délai d’accès à l’IVG

Intervention de Michelle Meunier le 11 juin 2019

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Vendredi 7 juin 2019

Projet de loi « Santé«  : le Sénat a temporairement adopté un amendement socialiste portant de 12 à 14 semaines le délai prévu pour accéder à l’IVG.

Les sénatrices et les sénateurs socialistes se félicitent de l’adoption par le Sénat d’un amendement porté par Laurence Rossignol allongeant le délai d’accès à l’interruption volontaire de grossesse.

Chaque année en France, entre 3 000 et 5 000 femmes se rendent à l’étranger pour procéder à un avortement hors-délai. Ce qui, compte tenu du coût, constitue une injustice sociale importante.

Pour Laurence Rossignol : « Nous ne pouvons pas nous reposer sur les autres pays européens ayant des délais plus souples pour aider ces femmes et être à la merci de leurs changements de législation ».

Avec la situation préoccupante de la démographie médicale, certaines femmes ne peuvent accéder à l’IVG dans la période prévue par la loi, notamment en période estivale.

Il faut rappeler que les trois-quarts des IVG sont pratiqués sur des femmes sous contraceptif et que l’accès à l’information montre aujourd’hui ses limites.

Le groupe socialiste se félicite de l’adoption de cet amendement favorisant l’accès à un droit essentiel pour les femmes, malgré l’avis défavorable de la ministre de la Santé et du rapporteur.

Cet amendement représente une amélioration des droits sexuels et reproductifs des femmes.

Il revient désormais à l’Assemblée nationale et à sa majorité de confirmer cette avancée pour le droit des femmes.

Mise-à-jour :

Mardi 11 juin, le Sénat est revenu sur ce vote suite à la contestation formulée par la majorité sénatoriale de droite. La commission des Affaires sociales, présidée par Alain Milon (LR), a demandé une seconde délibération, aboutissant au rejet de cet amendement.

Laurence Rossignol a dénoncé « une petite combine de procédure mise au point par le groupe LR au Sénat et le gouvernement pour s’opposer à une avancée très attendue sur l’accès à l’IVG ». Pour Michelle Meunier : « Le signal est mauvais et l’image du Sénat est écornée. »

J’aime : « Le cas de Mademoiselle L., 14 ans » au théâtre

Novecento Souffle Le cas de Mlle L Fiapac Philippe David

À vos agendas : je tiens à partager avec vous un coup de cœur nantais. Ce mardi 26 mars, à 20 h, salle Paul Fort, la troupe de théâtre amateur de l’association Novecento, un nouveau souffle présentera  sa pièce « Le cas de Mademoiselle L., 14 ans ».

J’ai assisté à la représentation de cette pièce en septembre 2018 lors de la conférence internationale de praticiens de l’avortement et de la contraception, à Nantes.

On découvre au fil de cette pièce, la tragique histoire de Louise, 14 ans, tombée enceinte après avoir été violée par son petit copain. La nouvelle est un uppercut pour elle comme pour son père, en grande précarité.

Louise compte déjà 14 semaines de grossesse (délai limite en France pour effectuer à un avortement). Le Planning familial lui conseille d’aller à l’étranger pour procéder à l’interruption volontaire de grossesse. Mais tout cela a un coût qui va nécessiter pour son père, de vendre sa voiture et pour Louise, de se prostituer.

Le spectateur se retrouve successivement dans le bureau du planning familial puis dans la salle de réunion des praticiens du Centre IVG, témoin du désarroi des professionnel·le·s tiraillé·e·s entre éthique et conscience ou encore dans le huis-clos du domicile familial où la détresse de la jeune fille et le désespoir du père transpirent.

Cette pièce a été inspirée de parcours et d’histoires vécues relatés par les membres du centre d’IVG Clotilde-Vautier de Nantes, dont le gynécologue Philippe David, membre de cette troupe. Elle est portée par le texte poignant de Romain Fohr et servie par la mise en scène rythmée d’Alan Boone.

Ce récit contribue grandement à mettre en lumière la pratique de l’interruption médicale de grossesse (IMG) mobilisée par des gynécologues lorsque la situation psycho-affective de la (future) maman est trop fragile pour justifier que la grossesse aille a son terme. Les enjeux éthiques autour de cette pratique seront évoqués à l’issue de la représentation avec la présentation du projet ISEAD (Institut Souffle-Éthique-Art Dramatique).

À ne pas manquer.

Mardi 26 mars 2019, 20 h, salle Paul Fort – La Bouche d’Air, 9 rue Basse Porte 44000 Nantes.

Billetterie : https://www.helloasso.com/associations/novecento-un-nouveau-souffle/evenements/representation-en-public-le-cas-de-mademoiselle-l-14-ans

J’aime pas : Sanofi refuse de contribuer à l’indemnisation des victimes Dépakine

Marine Martin et Michelle Meunier

Mercredi dernier le groupe pharmaceutique Sanofi a annoncé refuser de contribuer à l’indemnisation des victimes de son produit antiépileptique Dépakine, en argumentant qu’« il n’est pas acceptable que le dispositif d’indemnisation fasse peser sur le laboratoire les conséquences des refus répétés de l’Autorité de santé » de faire figurer sur la notice patient le risque pour le fœtus lors de la prise de ce médicament pendant une grossesse. Le groupe rejette ainsi l’entière responsabilité de ce scandale sanitaire sur l’État alors que l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux prévoyait une responsabilité de l’État à hauteur de 30 % et celle de Sanofi à hauteur de 70 %. Continuer la lecture de « J’aime pas : Sanofi refuse de contribuer à l’indemnisation des victimes Dépakine »