Allongement du congé paternité : pour le groupe Socialiste et Républicain du Sénat, qui rappelle avoir déposé une proposition de loi, il faut aller plus loin

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Mercredi 23 septembre 2020

Suite aux annonces du Président de la République sur l’allongement du congé paternité, le Groupe Socialiste et Républicain du Sénat rappelle son engagement de longue date sur le sujet. Cet engagement s’est traduit notamment par le dépôt en décembre 2019 d’une proposition de loi visant à limiter les inégalités liées à la maternité au travail signée de la sénatrice Martine Filleul.

A poste égal, les écarts de salaire entre les femmes et les hommes persistent.

Le partage des tâches parentales reste aujourd’hui très déséquilibré et les femmes sont encore trop souvent considérées par les employeurs comme portant le risque du congé de maternité obligatoire.

Afin de limiter ces inégalités, cette proposition de loi socialiste entend allonger le congé pour naissance ou adoption, à défaut de pouvoir modifier le congé paternité en raison des limites financières imposées aux parlementaires, le Gouvernement étant seul compétent pour engager les financements nécessaires pour moderniser le congé paternité.

Elle prévoit ainsi de le porter de trois à dix-sept jours, ce qui permettrait de doubler la durée cumulée actuelle du congé de naissance (trois jours) et du congé de paternité (onze jours) en la passant de quatorze jours à vingt-huit jours.

Mais la proposition de loi socialiste va plus loin en souhaitant rendre ce congé pour naissance et adoption obligatoire. 

Martine Filleul et les sénateur·trice·s socialistes proposent que ce congé soit systématiquement pris par tous les pères afin de rendre ce droit effectif.

Il s’agit de dissiper le sentiment de culpabilité qu’éprouvent certains salariés masculins, notamment les plus précaires, envers leurs employeurs – qui ne voient pas toujours la prise de ce congé d’un très bon œil. 

La place du père en sera revalorisée : s’il est vrai qu’il ne connaît pas de conséquences physiques ou médicales à la naissance d’un enfant, il a un rôle tout aussi important pendant cette période d’accompagnement et de soutien auprès de la mère. Ce dernier aura également un temps plus long qui lui permettra de développer sa paternité, de prendre toute sa part dans l’accueil de l’enfant et de construire un lien avec lui.

Cette avancée sociale permettrait un meilleur partage des charges familiales, la réduction des inégalités et une meilleure articulation entre vie professionnelle et vie personnelle.

Les sénatrices et sénateurs socialistes et républicains poursuivront la lutte pour l’égalité femmes-hommes qui irrigue et qui irriguera l’ensemble de leurs travaux parlementaires.

Maternité de Nantes évacuée suite à des gaz lacrymogènes : en finir avec la disproportion de la réponse policière

Mardi 17 décembre 2019, en matinée : le défilé contre la réforme des retraites salue le personnel mobilisé de la maternité du CHU de Nantes

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Nantes, le mardi 17 décembre 2019

Maternité de Nantes évacuée suite à des gaz lacrymogènes : en finir avec la disproportion de la réponse policière

Ce jour, en marge de la massive mobilisation des salarié·e·s en réaction à la réforme des retraites, Nantes a assisté à une nouvelle disproportion de la réponse policière aux mouvements de foule :

Après le rapport du Défenseur des Droits qui pointait un usage disproportionné des lanceurs de balles de défense (LBD), paru en janvier 2019 ;

Après la dispersion de la fête de la musique quai Wilson à Nantes le 21 juin 2019, qui a conduit au pire, la noyade de Steve Maia Caniço ;

La répression du mouvement social par la police s’est à nouveau exprimée de façon brutale et clairement disproportionnée. Des femmes enceintes accueillies à la maternité de Nantes – ainsi que le personnel employé dans ce service – ont été gêné·e·s par les tirs massifs de gaz lacrymogènes aux abords immédiats du CHU. Selon Michelle Meunier, sénatrice de la Loire-Atlantique : « Une vingtaine de chambres ont dû être évacuées : ce n’est pas acceptable. Cette mise en danger est odieuse. »

Michelle Meunier réitère son appel émis en juin dernier :

« La doctrine du maintien de l’ordre sur les foules doit nous interroger : la disproportion est de rigueur, l’usage de plus en plus systématique de la force est tout aussi inacceptable que manifestement contreproductif. Cette violence publique de moins en moins légitime éloigne nos concitoyen·ne·s des forces de police et de gendarmerie, elle cultive l’incompréhension, voire attise une haine envers ces fonctionnaires qui n’est pas de nature à apaiser le climat social.

Il est urgent de repenser les méthodes de maintien de l’ordre, de cesser l’escalade de la violence. Dans ce type de situation, c’est au plus fort de montrer un signe d’apaisement. L’État doit montrer l’exemple. Le ministre de l’Intérieur doit modifier profondément les ordres communiqués aux préfet·e·s. Il devra en répondre politiquement. »

Photo : Mardi 17 décembre 2019, en matinée : le défilé contre la réforme des retraites a salué le personnel mobilisé de la maternité du CHU de Nantes.