J’aime : Sarah Abitbol libère la parole du monde sportif contre les violences sexuelles

Omerta : violences sexuelles dans le sport Sarah Abitbol

Une nouvelle étape a été franchie cette semaine dans la libération de la parole : l’ancienne championne de patinage artistique a livré un témoignage poignant, très émouvant, sur les viols et agressions sexuelles dont elle a été victime de la part de son entraineur lorsqu’elle n’était qu’une enfant. Son récit, relayé dans la presse, illustre parfaitement les mécanismes d’emprise – le coach sportif est une personne si influente et importante pour une athlète en devenir que toute résistance est annihilée – et d’amnésie post-traumatique – pour survivre, le cerveau se protège et relègue à l’arrière-plan ces souvenirs douloureux, parfois pendant des dizaines d’années.

Mieux, l’ancienne championne milite ouvertement pour la fin de la prescription des crimes sexuels sur mineur·e·s.

Le risque de survenue d’infractions sexuelles à l’encontre des enfants dans le domaine du sport (mais aussi des arts, de l’école, du scoutisme…) a été largement étudié par une mission commune d’information au Sénat l’an passé. Nous appelions à une prise de conscience rapide et des changements de pratiques urgents. Il n’est pas trop tard pour agir. Cliquez ici pour relire les recommandations des socialistes.

Ces révélations courageuses sont quelques pas en avant sur le long chemin pour combattre les agressions sexuelles dont un enfant sur cinq est victime (chiffres du Conseil de l’Europe). Elles invitent tous les adultes à agir, à parler, à signaler, à dénoncer, dès lors que nait une suspicion de maltraitance contre un enfant. J’y vois du positif lorsque l’actualité judiciaire me laisse interrogative

Le combat ne s’arrête pas là : cette semaine ma collègue la sénatrice socialiste Laurence Rossignol a déposé une proposition de loi visant à créer un crime de violence sexuelle sur enfant en instaurant à 15 ans l’âge en-deça duquel on ne peut concevoir qu’un·e enfant consente à une relation sexuelle avec un adulte. J’ai évidemment cosigné cette proposition de loi.