Sécu : la branche autonomie sourde aux besoins des personnes dépendantes et aux attentes des professionnel·le·s

2021-11-08 DG PLFSS autonomie

Depuis lundi 8 novembre 2021, le Sénat examine le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2022. J’ai présenté hier l’analyse du groupe Socialiste, écologiste et républicain sur la cinquième branche consacrée à la perte d’autonomie, créée en 2020, pour assurer le soutien aux personnes âgées dépendantes et aux personnes handicapées.

Au terme de sa première année de plein exercice, succédant aux missions précédemment assurées par la caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), cette branche manque toujours d’ambition. La loi Grand âge et autonomie, promise par le gouvernement depuis 2018, a été sans cesse repoussée, privant le Parlement de sa faculté d’en dessiner les missions et les modalités d’accompagnement.

Ce PLFSS consacre quelques articles à la politique de prise en charge de la perte d’autonomie, notamment réformant les tarifs des services d’aide à domicile, les missions des EHPAD, de façon totalement insuffisante pour envisager une politique universelle de prise en charge de la perte d’autonomie. Pourtant, les besoins sont criants, les personnels attendent d’être revalorisés après un Ségur inégalitaire, les financements manquent à hauteur de 10 milliards d’euros.

L’examen des articles dans les prochains jours donnera l’occasion d’avancer nos propositions d’amendements pour corriger le tir (voir ici l’ensemble des amendements déposés par les socialistes sur ce PLFSS).

« L’autonomie et la dépendance méritent toute notre attention, toute notre vigilance, parce qu’il s’agit d’humanité et de dignité. »

HAD : quand l’hôpital vient à votre chevet

Je me suis rendue cet après-midi dans un hôpital particulier : ses 350 patient·e·s soigné·e·s chaque jour vivent à leur domicile. Les équipes de la HAD Nantes & Région assurent les actes classiques de l’hospitalisation sur le lieu de résidence des personnes (leur domicile ou en EHPAD), essentiellement pour des missions visant à raccourcir ou éviter un passage à l’hôpital. L’association HAD Nantes & région, à statut d’établissement de santé privé à but non lucratif, porte cette activité hospitalière. Nettoyage de plaies complexes, accompagnement en soins palliatifs, traitement de la douleur, prise en charge des maladies neurodégénératives (maladie de Charcot, sclérose en plaques…), près de 150 professionnel·le·s de santé se relaient au chevet des patient·e·s, avec l’appui de prestataires en activité libérale et une équipe psychosociale.

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J’aime : Brevets sur les vaccins, faire passer la santé avant le commerce, l’OMS avant l’OMC

En cette période de pandémie mondiale, les inégalités entre les pays du Nord et les pays du Sud se creusent indéniablement et inexorablement. 

Nous savons que nous allons désormais devoir vivre avec le virus et ses variants, et qu’en dehors des gestes barrières, seul le vaccin, partout et pour toutes et tous, peut nous permettre de limiter sa propagation et le nombre de décès.

La santé « quoi qu’il en coûte »

Dans ce contexte, une initiative portée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en direction de la Commission européenne et ses États membres – à laquelle je me suis associée – mérite d’être soulignée. 

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J’aime : Martin Winckler réclame l’abolition du patriarcat médical

Martin Winckler dans Elle

Faut-il encore présenter Martin Winckler ? Médecin et écrivain, il relate, depuis plus de trente ans dans ses romans et essais sa vision de la pratique médicale, fondée sur l’écoute des patient·e·s, un engagement féministe sans faille et une mise à distance de l’industrie pharmaceutique.

Dans une récente tribune pour le magazine Elle, il rend un hommage mérité aux soignantes, les véritables soldates en première ligne de cette guerre contre le coronavirus. Il rappelle que « la grande majorité des professions de santé sont assurées par des femmes. La profession infirmière, qui en constitue plus de la moitié, est féminine à près de 90 %. Mais, parce que leurs métiers sont subordonnés à « l’autorité » des médecins, les soignantes professionnelles sont encore mésestimées, surchargées de travail et sous-payées ».

Lucide, ce médecin est conscient de ce qu’il doit à ces soignantes dans son éthique du soin : « c’est une femme qui m’a permis de comprendre que faire une IVG ou insérer un stérilet sans faire mal, c’est un soin ». Lucide, il l’est tout autant pour constater que la formation médicale aurait beaucoup à apprendre des soignantes. Il dénonce alors le pouvoir détenu par les hommes dans le système de santé en France.

Sa tribune, qui se termine par un appel à « renverser le patriarcat médical », fait écho à nombre de mes combats pour un meilleur accompagnement sanitaire des victimes de violences conjugales ou de violences sexuelles (qu’elles soient commises sur les enfants, ou comme les violences gynécologiques, sur les patientes).

Que cet allié soit ici remercié pour ses mots.

Découvrir Martin Winckler :

Photo : capture d’écran du site de Elle.