Détecter et éviter la maltraitance : une ambition pour le grand âge

Officiellement, la maltraitance en ehpad dispose d’une définition légale depuis quelques mois :

« La maltraitance […] vise toute personne en situation de vulnérabilité lorsqu’un geste, une parole, une action ou un défaut d’action compromet ou porte atteinte à son développement, à ses droits, à ses besoins fondamentaux ou à sa santé et que cette atteinte intervient dans une relation de confiance, de dépendance, de soin ou d[accompagnement. Les situations de maltraitance peuvent être ponctuelles ou durables, intentionnelles ou non. Leur origine peut être individuelle, collective ou institutionnelle. Les violences et les négligences peuvent revêtir des formes multiples et associées au sein de ces situations. »

Cette définition s’applique d’ailleurs à tous les établissements médico-sociaux.

Chez les personnes âgées, la fédération 3977, qui gère ce numéro d’appel et de soutien, a alerté sur la hausse de 40 % des signalements au premier trimestre 2022. La parution du livre Les Fossoyeurs de Victor Castanet a focalisé les regards sur la manière dont les personnes âgées sont prises en charge dans les établissements, ce qui peut expliquer cette hausse. Loin d’incriminer le seul groupe Orpéa, le 3977 rappelle que ces situations de maltraitances peuvent survenir dans tous types d’établissements, mais aussi au domicile, cadre où le contrôle social est plus ténu.

Chacun connait les tensions qui pèsent dans le secteur du grand âge du fait du manque de personnel au chevet des personnes âgées. Répondre à ce besoin par la formation et par des recrutements d’ampleur sont évidemment une nécessité… mais ne suffira pas. Le secteur de la perte d’autonomie souffre de son image et doit aussi améliorer les conditions dans lesquelles les soins sont dispensés.

Permettre aux professionnel·le·s de questionner leur action quotidienne

La fédération 3977 plaide pour une sensibilisation des professionnel·le·s en faveur de la bientraitance : ces salarié·e·s en première ligne, souvent des femmes – essentielles – sont la clé d’un changement radical de pratiques. Commençons par mieux les considérer, les valoriser, par rémunérer l’ensemble de leur temps de travail (déplacements inclus). Permettons aussi à ces aides-soignant·e·s, auxiliaires de vie, infirmier·ère·s, médecins gériatres, au personnel administratif des établissements, de bénéficier de temps dédié à leurs pratiques professionnelles.

Interroger sans cesse la manière de prendre soin, échanger avec les collègues, poser ces questions dans une démarche éthique : c’est tout le sens de l’accompagnement dispensé par le réseau Allô Maltraitance Adultes Âgés (Alma).

En Loire-Atlantique, Alma 44 et l’espace de réflexion éthique des Pays de la Loire (CHU de Nantes) assurent ce soutien, éclairent sur les situations à risque et accompagnent les lanceurs d’alerte. Que ses bénévoles en soient chaleureusement remerciés.

Pour en savoir plus :

Revoir la conférence « Maltraitance : prévenir comprendre agir » organisée par Alma 44 le 6 avril 2022 à Nantes :

Conférence-débat ALMA 44 « Maltraitances » 6 avril 2022

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