« La question est simple : Damien Abad peut-il, comme ses fonctions le requièrent, incarner l’intérêt général ? »

Avec près de 200 femmes, j’ai signé cette tribune initiée par #NousToutes et l’Observatoire des Violences sexistes et sexuelles en politique. En tant que femme, en tant que militante féministe, en tant que parlementaire engagée pour changer la vie des personnes en perte d’autonomie, il m’est inconcevable de devoir entamer des discussions avec ce membre du gouvernement.

Comment sereinement porter les enjeux du respect de la dignité des personnes âgées, de l’expression de leur volonté, comment aborder la question cruciale de l’intimité et de la vie sexuelle des personnes en perte d’autonomie en établissement ou à domicile, avec ce ministre accusé de viol ou tentative de viol ?

Texte de la tribune, publié sur LeMonde.fr :

Nous, femmes de tous milieux professionnels, de tous bords politiques, demandons la démission immédiate de Damien Abad et de toute personne mise en cause pour violences sexuelles ayant un mandat politique. Son maintien au sein du gouvernement est le symptôme de la grande résistance qu’opposent les réactionnaires aux femmes qui prennent la parole depuis des années et peinent à être entendues.

En reléguant à la justice le pouvoir unique de trancher, le gouvernement fait preuve d’une grande lâcheté. Ce n’est pas une décision judiciaire que nous lui demandons de prendre, mais bien une décision politique. Ce n’est pas la justice qui décide de la nomination des ministres, ce n’est pas à elle d’en décider la démission.

Pas plus qu’il ne revenait aux électrices et électeurs de sa circonscription de l’Ain de se prononcer sur le caractère éthique ou non de sa candidature. Par ailleurs, de nombreux ministres ont démissionné pour bien moins. La question qui se pose est pourtant simple. Damien Abad peut-il, comme ses fonctions le requièrent, incarner l’intérêt général ?

Un symbole qui impacte la société

Le peut-il, alors que trois femmes l’accusent de viol ou de tentative de viol et que de nombreuses personnes, y compris des élus de la République, ont témoigné de comportements tout à fait inappropriés ? Son maintien est un symbole qui impacte la société tout entière. Sur le terrain, le président de la République et la première ministre ont tour à tour été interpellés par des femmes qui expriment leur colère et soulignent le mépris renvoyé par le gouvernement aux victimes.

Rappelons qu’un viol est commis toutes les six minutes en France, et qu’un féminicide par un conjoint ou ex-conjoint est commis tous les deux jours et demi. Pour traiter cette question de sécurité et de santé publique, il est urgent de créer un climat de confiance dans nos institutions.

Pour oser franchir le seuil d’un commissariat dans lequel on sera bien reçue, pour porter plainte en sachant que notre plainte sera prise au sérieux et donnera lieu à une enquête approfondie. Pour quitter son domicile et recevoir la protection adéquate. Pour que chaque femme sache que l’entièreté des moyens publics seront mis en œuvre pour sa sécurité.

Le gouvernement décide d’être complice

Le message envoyé par ce gouvernement est tout autre. Dans le même temps, pour faire reculer ces violences, les hommes qui les commettent doivent saisir la gravité et la criminalité de leurs actes. Si des ministres peuvent agir en toute impunité, un blanc-seing semble être envoyé à tous les autres.

Ce maintien signe une complicité avec les hommes violents. Nous ne sommes pas dupes, nous avons bien conscience qu’il est question d’éviter un précédent, d’éviter que la démission de Damien Abad ne vienne entraîner, pour les mêmes motifs, celle de Gérald Darmanin. Alors, le gouvernement décide d’être complice.

Dans une entreprise, si une personne accusée de harcèlement sexuel était protégée par son employeur, maintenue en poste, sans enquête interne, sans mesure de prévention, sans mise à pied conservatoire le temps qu’une enquête soit déployée, la responsabilité de l’entreprise pourrait être engagée, au nom de l’obligation d’assurer à l’ensemble des salarié·es la sécurité au travail.

Une absurdité et une injure aux femmes

Pourquoi les ministres seraient-ils au-dessus des lois qui s’imposent à l’ensemble de la société ? Nous en tirons les enseignements suivants. Premièrement, nos actions fonctionnent. La société évolue, nous faisons évoluer, toutes ensemble, les limites de l’acceptable et de l’inacceptable. La nomination de ministres mis en cause pour viol ne peut plus être banalisée.

Deuxièmement, il est fondamental d’observer de très près les dysfonctionnements de la justice : la difficulté à porter plainte, les nombreux classements sans suite, les rares condamnations, la longueur et le coût des procédures n’inspirent pas confiance aux victimes. Renvoyer le maintien ou non d’un ministre à une institution lente, lacunaire dans ses procédures et dont le budget est trop faible est une erreur politique colossale.

Troisièmement, nous savons que nous sommes face à un appareil d’État brutal avec les militants et les victimes, qui agite le mépris et le discrédit de leur parole. Face à cela, nous rappelons au gouvernement que nous sommes, chaque jour, plus nombreuses et nombreux à trouver leur réponse face à cette crise démocratique lâche et honteuse.

Que nous nous structurons, que le vent tourne et que, bientôt, le maintien de deux ministres accusés de viols ou tentatives de viol sera perçu comme une absurdité, une injure aux femmes et au bon fonctionnement de la politique.

Signataires :

La tribune est signée par 188 femmes dont la liste est publiée ici.

Second tour des législatives : Michelle Meunier salue le retour de la gauche dans cinq circonscriptions du département

Après la très grosse déception de la participation, car le niveau de l’abstention est toujours trop élevé, les résultats de ce second tour montrent surtout un rejet manifeste de la politique menée par Emmanuel Macron.

Au plan national, ce rejet s’exprime par l’élection en très grand nombre des représentant·e·s du Rassemblement national, venant ainsi conforter et banaliser les idées de l’extrême-droite.

Ce soir, la Nouvelle union populaire écologique et sociale est la première force d’opposition à l’Assemblée nationale.

En Loire-Atlantique, la gauche et les écologistes retrouvent cinq circonscriptions et je m’en réjouis. Je salue également les bons résultats des candidat.e.s de la nouvelle union populaire écologique et sociale qui n ont pas été élu.e.s.

Désormais, le travail est devant nous : la Nupes doit rester à l’écoute des attentes de la population, pour résister à la casse sociale promise par Emmanuel Macron, et surtout nous devons ouvrir de nouvelles perspectives pour éviter que le RN l’emporte en 2027.

Dès maintenant, je suis disponible pour travailler avec les deux nouvelles députées et trois nouveaux députés de gauche dans les mois à venir, sur des textes de loi importants tels que les retraites, le vieillissement de la population, le pouvoir d’achat, l’urgence climatique… pour inscrire dans la loi l’autre monde possible souhaité par les citoyen·ne·s localement.

Détecter et éviter la maltraitance : une ambition pour le grand âge

Officiellement, la maltraitance en ehpad dispose d’une définition légale depuis quelques mois :

« La maltraitance […] vise toute personne en situation de vulnérabilité lorsqu’un geste, une parole, une action ou un défaut d’action compromet ou porte atteinte à son développement, à ses droits, à ses besoins fondamentaux ou à sa santé et que cette atteinte intervient dans une relation de confiance, de dépendance, de soin ou d[accompagnement. Les situations de maltraitance peuvent être ponctuelles ou durables, intentionnelles ou non. Leur origine peut être individuelle, collective ou institutionnelle. Les violences et les négligences peuvent revêtir des formes multiples et associées au sein de ces situations. »

Cette définition s’applique d’ailleurs à tous les établissements médico-sociaux.

Chez les personnes âgées, la fédération 3977, qui gère ce numéro d’appel et de soutien, a alerté sur la hausse de 40 % des signalements au premier trimestre 2022. La parution du livre Les Fossoyeurs de Victor Castanet a focalisé les regards sur la manière dont les personnes âgées sont prises en charge dans les établissements, ce qui peut expliquer cette hausse. Loin d’incriminer le seul groupe Orpéa, le 3977 rappelle que ces situations de maltraitances peuvent survenir dans tous types d’établissements, mais aussi au domicile, cadre où le contrôle social est plus ténu.

Chacun connait les tensions qui pèsent dans le secteur du grand âge du fait du manque de personnel au chevet des personnes âgées. Répondre à ce besoin par la formation et par des recrutements d’ampleur sont évidemment une nécessité… mais ne suffira pas. Le secteur de la perte d’autonomie souffre de son image et doit aussi améliorer les conditions dans lesquelles les soins sont dispensés.

Permettre aux professionnel·le·s de questionner leur action quotidienne

La fédération 3977 plaide pour une sensibilisation des professionnel·le·s en faveur de la bientraitance : ces salarié·e·s en première ligne, souvent des femmes – essentielles – sont la clé d’un changement radical de pratiques. Commençons par mieux les considérer, les valoriser, par rémunérer l’ensemble de leur temps de travail (déplacements inclus). Permettons aussi à ces aides-soignant·e·s, auxiliaires de vie, infirmier·ère·s, médecins gériatres, au personnel administratif des établissements, de bénéficier de temps dédié à leurs pratiques professionnelles.

Interroger sans cesse la manière de prendre soin, échanger avec les collègues, poser ces questions dans une démarche éthique : c’est tout le sens de l’accompagnement dispensé par le réseau Allô Maltraitance Adultes Âgés (Alma).

En Loire-Atlantique, Alma 44 et l’espace de réflexion éthique des Pays de la Loire (CHU de Nantes) assurent ce soutien, éclairent sur les situations à risque et accompagnent les lanceurs d’alerte. Que ses bénévoles en soient chaleureusement remerciés.

Pour en savoir plus :

Revoir la conférence « Maltraitance : prévenir comprendre agir » organisée par Alma 44 le 6 avril 2022 à Nantes :

Conférence-débat ALMA 44 « Maltraitances » 6 avril 2022

Après ce camouflet infligé à Macron, il faut voter pour un autre monde dimanche prochain.

Communiqué de presse

Nantes, le dimanche 12 juin 2022,

Après ce camouflet infligé à Macron, il faut voter pour un autre monde dimanche prochain.

Encore une fois l’abstention est la grande gagnante de ce premier tour des élections législatives et je le déplore.

Le résultat des suffrages exprimés est un camouflet pour la majorité sortante ; le président réélu n’obtient pas d’assentiment très large. On constate la panique dans son camp avec des arguments qui agitent la peur.

La Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale est entrée dans le champ politique, démontrant que cet accord historique fait renaître une perspective d’espoir. Une équipe plurielle est prête à gouverner et c’est projet contre projet que se fera le deuxième tour. Dans plus de 500 circonscriptions, nos concitoyen.ne.s auront à choisir entre une société plus démocratique, plus écologique, plus juste.

En Loire-Atlantique, j’appelle chacune et chacun à aller voter dimanche prochain pour celle ou celui qui représente la nouvelle union populaire écologique et sociale dans sa circonscription.

Michelle MEUNIER
Sénatrice de la Loire-Atlantique
Membre de la commission des Affaires sociales
Membre du groupe socialiste

Un accord pour porter les voix de la gauche à l’Assemblée nationale

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Nantes, le mercredi 4 mai 2022

Un accord pour porter les voix de la gauche à l’Assemblée nationale

Les organisations politiques de gauche ont conclu un accord associant La France Insoumise, le pôle écologiste (Europe Écologie Les Verts, Génération·s), le Parti Communiste Français et dorénavant le Parti Socialiste pour la législature qui s’ouvre.

Ce sont les attentes fortes des Françaises et des Français qui ont imposé ce tournant aux partis de gauche : l’urgence des fins de mois difficiles, des factures de carburant et de chauffage qui flambent, du système de protection sociale menacé par Emmanuel Macron, l’urgence face à l’inaction climatique de son gouvernement, l’urgence d’inventer une prise en charge digne pour nos aîné.e.s, l’urgence de faire reculer les inégalités qui pèsent dès la naissance.

En Loire-Atlantique, cet accord doit permettre à la gauche de reconquérir chacune des circonscriptions, en faisant élire les candidates et les candidats de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES), dans le respect du message d’unité réclamé par les électeurs et les électrices de gauche au premier tour de l’élection présidentielle. Artisane de cette union, j’ai rejoint depuis plusieurs semaines les initiatives unitaires portées localement par de nombreuses organisations de gauche, mobilisées par l’enjeu du retour de la gauche à l’Assemblée nationale.

Michelle Meunier,
Sénatrice de la Loire-Atlantique
Membre de la commission des Affaires sociales
Membre du groupe socialiste

Interview : contrôler les dépenses d’autonomie pour éviter d’accroître des rentes

Le magazine spécialisé Géroscopie, destiné aux spécialistes de la gérontologie, m’a interrogé, dans le cadre des travaux que je mène actuellement au Sénat sur le contrôle des ehpad suite à l’affaire Opréa. Je reproduis ci-dessous cet entretien diffusé dans le numéro 138 du mois d’avril 2022.

Le Gouvernement a lancé en réaction à l’ouvrage de Victor Castanet un plan pour renforcer les contrôles dans tous les Ehpad de France. Qu’en pensez-vous ? Cette « action/réaction » n’est-elle pas un peu excessive ?

L’enquête de Victor Castanet a produit une onde de choc chez nos concitoyen·ne·s, saisi·e·s par l’émotion légitime que suscitent ces révélations. Bien des spécialistes de la perte d’autonomie, des familles et des soignant·e·s avaient déjà dénoncé des dysfonctionnements dans les établissements, mais cette mise à nu d’un système interpelle : des stratégies financières ayant pour unique but de maximiser le profit des actionnaires au détriment des conditions de vie des personnes âgées dépendantes et des conditions de travail des agents. Le gouvernement était sommé de réagir. L’annonce de contrôles systématiques de tous les EHPAD peut surprendre, dans la mesure où il n’est pas fait de distinction entre établissements, selon leurs statuts (publics, associatifs ou privés commerciaux) ou selon les alertes déjà remontées. Cette réaction vise surtout à masquer l’inaction de l’exécutif, qui n’a rien entrepris pour donner consistance à la cinquième branche de sécurité sociale.

Il va falloir recruter massivement dans les ARS pour assurer ces missions de contrôle. Les EHPAD n’ont ils pas plutôt besoin de voir financer des postes de soignants dans leurs établissements plutôt que ces missions ?

Évidemment, la priorité dans l’affectation de moyens humains est l’augmentation du ratio de personnel soignant par résident. Disposer d’autant de soignant·e·s que de résident·e·s est une attente des salarié·e·s, pour assurer une présence minimale la nuit, des toilettes respectueuses de la dignité, une grande attention aux régimes alimentaires, aux soins prodigués et à la médication, mais aussi pour proposer des animations physiques et intellectuelles qui stimulent les organismes et retardent les effets de la dépendance. C’est ce que notre société attend des EHPAD.

En parallèle, si doit perdurer un système où des sociétés marchandes engrangent des profits sur des activités de soin – ce dont je doute – il est nécessaire de contrôler que les limites légales et réglementaires ne sont pas franchies. Le triptyque règles – contrôles – sanctions n’est pas démodé et c’est tout le sens du service public que de pouvoir assurer l’inspection des EHPAD. Or, on constate que ces missions là sont aussi sous-dotées en personnel.

« Il est temps de renforcer la part des dépenses publiques consacrées à l’autonomie et contrôler qu’elles ne soient pas détournées pour accroître des rentes »

Que pensez-vous du nouveau référentiel d’évaluation publié ce jour par l’HAS ?

Disposer d’un cadre national de référence est primordial. La protection de l’enfance, que je connais bien, a longtemps pâti de l’absence d’un tel cadre d’évaluation des situations préoccupantes. Disposer des mêmes critères en tout point du territoire pour évaluer le secteur médico-social relève de cette logique. La HAS énonce clairement aux usager·ère·s que des pratiques proscrites dans un département ne sauraient être tolérées dans le département voisin. Quant à la méthode, qui repose à la fois sur l’auto-évaluation et sur un regard externe posé par des organismes accrédités, elle nécessitera du temps pour que les équipes se l’approprient et que les personnes accueillies participent sincèrement et utilement. À effectifs constants, ce référentiel risque de n’être qu’une contrainte de plus au détriment des soins. Pourtant, tout le monde aurait à gagner à accorder du temps aux soignant·e·s pour des moments de prises de recul sur leurs pratiques professionnelles.
Un point positif enfin, la transparence, par l’ouverture au grand public des rapports d’évaluation.

Le récent rapport de la Cour des comptes sur la médicalisation des Ehpad confirme celui que vous avez déjà publié avec Bernard Bonne. À quand des mesures concrètes applicables et appliquées ? Le vote d’une loi grand âge ?

Cette urgence n’est pas nouvelle. En janvier 2020 je déclinais dans ces colonnes mes attentes pour la loi grand âge. Le gouvernement a échoué à développer la prise en charge de la perte d’autonomie, créant une cinquième branche de la Sécurité sociale sans missions nouvelles, sans vision pour les dernières années de la vie, ni pour améliorer les conditions de travail de leurs soignant·e·s… et sans le financement nécessaire. Les métiers n’attirent plus, les aidant·e·s s’épuisent et les proches s’inquiètent. La société a négligé ce nouvel âge, a renoncé à développer un idéal : « la vieillesse est inimaginable », comme nous alerte la metteuse en scène Ariane Mnouchkine. Désormais, les rapports pullulent et les constats convergent : il faut passer à l’action, renforcer le maintien à domicile et acter que les Ehpad doivent accueillir des résidents à fort besoins médicaux. En outre, depuis le scandale Orpéa, l’opinion publique dénonce à juste titre la marchandisation de la dépendance et l’idée d’en tirer des profits. Il est donc temps de renforcer la part des dépenses publiques consacrées à l’autonomie (à hauteur de 2,8 % du PIB en 2060) et contrôler qu’elles ne soient pas détournées pour accroitre des rentes.

Les travaux de la commission d’enquête sur l’affaire Orpéa ont ils démarré ? Pouvez-vous déjà en dire quelque chose ?

Nous menons une série d’auditions depuis plusieurs semaines et concentrons nos travaux sur les modalités de contrôle des établissements. Nous sommes à l’écoute des agents, des directions, des résident·e·s et leurs proches, des autorités sanitaires… Nous disposons des prérogatives d’une commission d’enquête ; les dirigeants d’Orpea ne pourront se soustraire à nos questions. Il est trop tôt pour en tirer les conclusions mais nous découvrons des processus savamment étudiés pour accroitre la rentabilité des ehpad commerciaux au détriment des comptes sociaux, de la manière la plus opaque possible. À l’avenir, j’estime que des contrôles socio-économiques renforcés devront s’assurer que ces manœuvres n’ont plus cours, sans quoi le modèle privé lucratif n’a pas de raison de subsister.

On a finalement le sentiment que la bonne gestion de l’Ehpad repose sur le triptyque directeur, médecin co, infirmière coordinatrice… Comment renforcer véritablement la place des familles, des résidents, des CVS ?

Les conseils de la vie sociale ont un rôle à jouer pour améliorer la bientraitance dans les établissements : on pourrait les placer au centre de la vie quotidienne des résident·e·s et des salarié·e·s, comme lieu d’échange et d’alerte. Leur composition pourrait être étendue : présence systématique d’élu·e·s du conseil départemental, ouverture à tous les résident·e·s. Leur animation pourrait être confiée à une structure tierce, pour nuancer la place prépondérante des directions. Certain·e·s proposent même d’aller au-delà du simple rôle consultatif du CVS. Ce renforcement de la démocratie sanitaire par la base, à l’échelle des établissements, ne peut que profiter à l’accompagnement du grand âge.

Le grand âge est très peu présent dans la campagne électorale, alors qu’on annonce un pic démographique d’ici à 2030… Comment faire émerger de vraies réponses ?

Je citais Ariane Mnouchkine qui constatait l’incapacité qu’avait eue sa génération à penser, à révolutionner, l’âge de la vieillesse alors même que sa classe d’âge avait dépoussiéré des pans de la société française. Mais, au pied du mur, cette vieillesse s’interroge désormais et distille des contre-discours utiles. C’est une génération d’hommes et de femmes qui ont proclamé « notre corps nous appartient » et qui entend bien conserver cette détermination. Un mouvement citoyen qui interpelle la sphère politique s’organise donc chez les vieux. Écoutons leurs propositions : réforme des CVS, résidences affinitaires, une attention aux besoins affectifs, sensuels, intellectuels et spirituels… et plus prosaïquement la revalorisation des métiers du soin.

Propos recueillis par Juliette Viatte.

Michelle Meunier appelle à faire échec à Marine Le Pen

Communiqué de presse

Nantes, le 10 avril 2022,

Michelle Meunier appelle à faire échec à Marine Le Pen

Ce soir, comme de nombreuses et nombreux citoyennes et citoyens je suis triste.

Triste pour toutes celles et tous ceux qui depuis cinq ans subissent une politique particulièrement anti sociale, incapable de répondre aux urgences sociales et écologistes.

Triste que la gauche dans toute sa diversité n’ait pas été capable de se rassembler pour proposer un plan d’urgence sociale et écologiste.

Mais aujourd’hui, l’heure est à la mobilisation citoyenne, républicaine, pour faire échec à l’extrême droite et à son dangereux projet pour la cohésion de notre pays.

L’heure est au rassemblement, à la mobilisation.

Le 24 avril, je mettrai dans l’urne le bulletin de vote Emmanuel Macron pour faire échec à Marine Le Pen.

Michelle MEUNIER
Sénatrice de la Loire-Atlantique
Membre de la commission des Affaires sociales
Membre du groupe socialiste

Deliveroo condamné, l’ubérisation acculée

Delivroo par Jon Crel https://flic.kr/p/NPiW5S CC-by-nc-nd

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Paris, le 20 avril 2022,

Pour les sénatrices et sénateurs du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, la condamnation de l’entreprise Deliveroo pour travail dissimulé est une étape majeure dans le combat pour les droits sociaux des travailleurs des plateformes numériques et la lutte contre l’ubérisation toujours plus grande de notre société.

Depuis plusieurs années, le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain porte des propositions concrètes pour garantir aux travailleurs de ces plateformes un véritable statut protecteur : coopérative d’activité et d’emploi, présomption de salariat, inversion de la charge de la preuve en matière de requalification, transparence des algorithmes, ou encore responsabilité des plateformes.

Des propositions sans cesse balayées par le Gouvernement et la droite sénatoriale, leur préférant la création d’un « tiers statut » entre indépendance et salariat. Un véritable Cheval de Troie contre notre modèle social que nous avons combattu pied à pied.

La condamnation de Deliveroo pour travail déguisé montre pourtant que la question du statut de ces travailleurs est devenue une interrogation urgente et légitime. Comme l’indique le tribunal correctionnel de Paris dans sa décision, ces femmes et ces hommes, « en lien de subordination permanent » avec l’entreprise, ne peuvent être considérés comme une simple « variable d’ajustement ».

Alors que la directive présentée par le Commissaire Nicolas Schmit – qui reprend l’intégralité des positions défendues par le groupe SER – sera à l’ordre du jour du Conseil de l’Union Européenne du mois de juin, il est plus que temps que la France prenne enfin le chemin de la régulation à l’instar de nombreux pays européens et de nombreuses décisions de justice sur tout le continent.

Commission d’enquête « concentration dans les médias » : un rapport de compromis essentiel pour la démocratie

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Jeudi 31 mars 2022

Le 29 mars 2022, la commission d’enquête sur la concentration dans les médias, dont l’initiative revient au groupe Socialiste, Écologiste et Républicain (SER), a adopté à l’unanimité le rapport issu de ses travaux. Elle met en évidence une situation de concentration de certains groupes de médias qui entrave le pluralisme, l’indépendance et la liberté des médias. Les 32 propositions vont dans le bon sens, mais le groupe SER pense qu’il faut aller plus loin.

Continuer la lecture de « Commission d’enquête « concentration dans les médias » : un rapport de compromis essentiel pour la démocratie »

Commission d’enquête « concentration dans les médias » : un rapport de compromis essentiel pour la démocratie

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Jeudi 31 mars 2022

Le 29 mars 2022, la commission d’enquête sur la concentration dans les médias, dont l’initiative revient au groupe Socialiste, Écologiste et Républicain (SER), a adopté à l’unanimité le rapport issu de ses travaux. Elle met en évidence une situation de concentration de certains groupes de médias qui entrave le pluralisme, l’indépendance et la liberté des médias. Les 32 propositions vont dans le bon sens, mais le groupe SER pense qu’il faut aller plus loin.

Continuer la lecture de « Commission d’enquête « concentration dans les médias » : un rapport de compromis essentiel pour la démocratie »