Infertilité, endométriose : intensifier la prévention

Embryon, CC-BY-NC-ND par Fox Victor

Le gouvernement entend entamer un « virage préventif » dans l’approche de la santé. Dans son projet de budget de la Sécurité sociale, il présente ainsi une nouvelle mesure, les rendez-vous de santé à certains âges clés de la vie de nos concitoyen·ne·s.

J’ai souhaité, comme de nombreux collègues, apporter des précisions à cette approche préventive, par le dépôt de deux amendements : l’un consacré à la prévention de l’infertilité, l’autre consacré au dépistage de l’endométriose.

L’infertilité touche près de 3,3 millions de nos concitoyens, chiffre qui va croissant. Un couple sur quatre en France a du mal à avoir un enfant. Avec 20 % de taux de réussite, le recours à la PMA n’est pas un remède miracle… c’est un parcours du combattant, de combattante, qui laisse des traces. L’information et la prévention, notamment chez les jeunes, permettrait un dépistage précoce de certains cas d’infertilité et permettrait d’anticiper la prescription de protocoles médicaux.

L’endométriose touche en France environ 10 % des femmes en âge de procréer, soit 1,5 à 2,5 millions de femmes avec un diagnostic intervenant souvent tardivement, en moyenne après 7 années de délai. Cette maladie est la première cause d’infertilité. Elle est à l’origine de symptômes multiples et douloureux et souvent, d’une détérioration de la qualité de vie. Elle affecte la vie privée, la vie sociale et la vie professionnelle. L’amélioration de la précocité de sa détection et la qualité de sa prise en charge constituent donc un enjeu majeur de santé publique.

« L’endométriose touche en France environ 10% des femmes en âge de procréer, soit 1,5 à 2,5 millions de femmes avec un diagnostic intervenant souvent tardivement. Le délai estimé est en moyenne de 7 ans.
Cette maladie est la première cause d’infertilité. Elle est à l’origine de symptômes multiples et douloureux et souvent, d’une détérioration de la qualité de vie. Elle affecte la vie privée, la vie sociale et la vie professionnelle. »

Ces amendements n’ont pas été adoptés, suite à une rédaction alternative proposée par la rapporteure, introduisant la notion de « consultations de prévention ».

J’ai toutefois noté avec intérêt la réponse du ministre François Braun, favorable à ma proposition sur la prévention de l’infertilité. À suivre.

Photo : Embryon, CC-BY-NC-ND par Fox Victor

Inscrire le droit à l’IVG dans la Constitution pour le protéger des attaques réactionnaires

Je suis intervenue au Sénat hier mercredi 19 septembre lors de l’examen du projet de loi visant à inscrire le droit à l’interruption volontaire de grossesse dans la Constitution. Signataire de cette proposition de loi déposée par la sénatrice écologiste Mélanie Vogel, portée par les groupes de gauche au Sénat, Michelle Meunier a apporté son soutien à cette inscription.

La majorité de droite du Sénat a rejeté cette proposition de loi ; Michelle Meunier regrette profondément cette position. Voici son intervention en séance publique en défense de cette inscription :

« Nous assistons impuissantes à un recul du droit à l’avortement dans le monde mais aussi en France où ce droit est de plus en plus attaqué par les franges minoritaires et réactionnaires qui se basent sur des fondements religieux personnels pour les imposer au plus grand nombre. »
Verbatim :

« La proposition de loi qui nous réunit ce soir vise à inscrire le droit à l’interruption volontaire de grossesse dans la Constitution.

Avec celles et ceux qui ont déposé ces propositions de loi, nous voulons affirmer encore avec plus de détermination ce droit des femmes à disposer de leur corps dans notre pays.
Je ne reviens pas sur les arguments juridiques échangés ici et promus par la droite de ces bancs pour repousser cette inscription dans la Constitution.

Notre combat est politique et symbolique. Laurence Rossignol l’a rappelé à la tribune. Il vise à soutenir encore et toujours les femmes qui souhaitent une IVG.

Nous assistons impuissantes à un recul du droit à l’avortement dans le monde mais aussi en France où ce droit est de plus en plus attaqué par les franges minoritaires et réactionnaires qui se basent sur des fondements religieux personnels pour les imposer au plus grand nombre.

Nous ne pouvons pas laisser pas cela.

Dernièrement à Nantes, lors d’un rassemblement en soutien aux femmes dans le monde privées du droit à l’avortement, des banderoles haineuses ont été brandies par des anti, des inscriptions ont sali nos trottoirs, assimilant l’IVG à un génocide. Cela n’est pas tolérable.
J’attendais de l’ensemble des groupes politiques du Sénat une forme d’unanimité dans ce soutien à la constitutionnalisation de l’IVG ; elle n’est pas au rendez-vous et je le regrette.

Combien de temps encore, votre majorité va-t-elle entretenir le flou avec cet arc réactionnaire ? Ne pensez-vous pas que votre famille politique risque de se déshonorer par un tel silence ? »

Défendre le droit à l’IVG partout dans le monde et l’inscrire dans la Constitution en France

Centre IVG Clotilde Vautier Nantes

Ce mercredi 28 septembre est la journée mondiale pour la défense du droit à l’avortement. La révocation de la jurisprudence Roe vs. Wade en juin dernier aux États-Unis a sonné l’alerte mondiale pour les droits des femmes à disposer de leur corps. La théorie du « retour de bâton » contre les avancées féministes n’a jamais été aussi bien illustrée. Plus près de nous, plusieurs pays membres de l’Union européenne opèrent des reculs graves sur le droit à l’IVG, restreignant les conditions d’accès ; la Pologne, la Hongrie… et demain l’Italie ?

En France, le maintien d’une double clause de conscience pour les médecins pratiquant une interruption de grossesse persiste à en faire un acte médical à part ; l’effectivité du droit à l’IVG, en dépit de l’allongement de 12 à 14 semaines de grossesse (soit jusqu’à 16 semaines d’aménorrhée) reste conditionné à la présence de personnel en tout lieu du territoire ainsi qu’à la bonne information des femmes en désir d’IVG.

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Territoires zéro chômeurs de longue durée, l’autre solution pour le plein-emploi

Dans le cadre des débats de contrôle au Sénat, le groupe communiste a proposé un débat intitulé « le partage du travail : un outil pour le plein emploi ? » .

Au titre du groupe socialiste, écologiste et républicain, alors que beaucoup de mes collègues ont fait le choix d’évoquer les 32 heures, j’ai pour ma part décidé d’y évoquer l’expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée » (TZCLD), ce qui ne remet aucunement en question la pertinence de la réduction du temps de travail.

Au préalable, j’ai souhaité que l’on s’interroge sur le plein emploi et ses zones d’ombre, quand il rime avec temps partiel subi, dont les emplois sont majoritairement occupés par des femmes.

Contrat à temps partiel, de courte durée et pénibilité du travail, parfois ces emplois cumulent les trois caractéristiques.
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Déconjugalisation de l’AAH : une mesure de justice pour les personnes en situation de handicap

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 12 octobre 2021

Le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain (SER) a voté pour la déconjugalisation de l’allocation adultes handicapés (AAH), dans le cadre d’une proposition de loi portant diverses mesures de justice sociale. En prévoyant le calcul de l’AAH sans prendre en compte les ressources du conjoint, cette mesure permettrait aux personnes handicapées d’acquérir une autonomie financière vis-à-vis de leur partenaire. Le groupe SER dénonce le refus du Gouvernement de mettre en place cette mesure de justice sociale. 

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J’aime pas : une chaîne de télé française diffuse un film américain ouvertement anti-IVG

La chaîne C8 du groupe Canal+ diffusera lundi 16 août prochain en première partie de soirée, le film américain « Unplanned ».
Lors de sa sortie aux États-Unis en 2019, ce film avait largement ému et fait grand bruit au sein des mouvements de lutte en faveur de l’avortement mais qui, poussé par les puissants réseaux religieux américains, avait rencontré un certain public rapportant ainsi à son diffuseur, plus de 6 millions de dollars de recettes en un week-end.

Le scénario du film repose sur l’adaptation du récit d’Abby Johnson, ancienne militante active pro-IVG ayant eu recours elle-même à l’avortement dont l’expérience a fini par la convertir « pro-life ».

Des scènes choquantes voir traumatisantes, sensées traduire le déroulement puis les suites de l’IVG subie par l’héroïne du film, présentent des contre-vérités avérées et des exagérations. Elles servent ainsi la cause des courants ayant à la fois financés la réalisation puis assurés la diffusion d’un parfait support de communication anti-avortement.

A l’heure où en Europe et en France, les droits des femmes à disposer librement de leur corps sont fragiles et peuvent être remis en question à tout moment, la diffusion d’un tel film, à une heure de grande écoute, doit nous interroger et être dénoncé.
Car si, comme le rappelle le Conseil supérieur de l’Audiovisuel, interpellé sur cette diffusion, une chaîne est libre de ses choix de programmation, il est impensable que de telles images dont le seul but est de faire peur et de faire grossir les rangs des mouvements pro-life soient relayées sans message, ni sensibilisation dans notre pays où l’avortement est un droit.

Il aurait été préférable que cette soirée soit consacrée aux droits sexuels et reproductifs ou encore à l’accès à la contraception. Mais hélas, ces sujets sont certainement trop éloignés de la ligne éditoriale voulue par C8 et ses actionnaires. Si je n’en suis pas surprise, je le déplore sincèrement.

Illustration : affiche du film Unplanned

Féminicide de Mérignac : les sénatrices et sénateurs socialistes profondément indignés et meurtris

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Jeudi 06 mai 2021

Mardi, à Mérignac, une femme âgée de 31 ans, mère de trois enfants, est morte en pleine rue, après avoir été brûlée vive par son mari. Cet acte barbare porte à 39 le nombre de féminicides depuis le début de cette année. 39 femmes mortes sous les coups d’un homme violent ! Ce chiffre est insoutenable. Le groupe Socialiste, Ecologiste et Républicain tient à adresser tout son soutien et témoigner de sa solidarité à ses enfants et à ses proches, ainsi qu’au maire de Mérignac, Alain Anziani. 

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Calcul de l’allocation adultes handicapé·e·s : ne plus tenir compte des revenus du conjoint

Je suis intervenue, ce mardi 9 mars 2021, en séance publique au Sénat lors de l’examen d’une proposition de loi intitulée « diverses mesures de justice sociale » et principalement consacrée au mode de calcul de l’allocation pour les adultes handicapés, dite AAH.

J’ai défendu la position des sénatrices et sénateurs socialistes favorables à la « déconjugalisation » de l’AAH : c’est-à-dire favorables à ne pas tenir compte des revenus perçus par le conjoint ou la conjointe pour le calcul du montant de l’AAH.

Au lendemain du 8 mars, j’ai défendu plus d’autonomie pour les personnes handicapées, souvent figées dans un statut conjugal du fait de la faible autonomie issue de ces ressources. J’ai souligné la dimension égalitaire de cette déconjugalisation, pour l’émancipation des femmes en situation de handicap, plus exposées que les compagnes valides aux violences conjugales.

«Non, il n’est pas juste qu’une personne en situation de handicap doive choisir entre son statut conjugal et ses ressources ; il n’est pas juste qu’étant dans l’incapacité d’assurer ses revenus par le travail, elle doive dépendre de ceux de son conjoint ou de sa conjointe pour percevoir une allocation »

Le Sénat a adopté la proposition de loi qui exclut les ressources du conjoint de celle d’une personne en situation de handicap demandant à percevoir l’AAH ; le texte adopté contient un dispositif de transition qui vise à éviter que certains foyers soient perdants si le mode de calcul actuel leur était plus favorable. C’est donc une très bonne nouvelle pour les personnes concernées et le secteur associatif du handicap, qui attendait cette déconjugalisation de longue date. Il faudra désormais que la commission mixte paritaire tienne compte de cette avancée et de cette attente… contre l’avis du gouvernement et de Mme Cluzel.

J’aime quand La Loire-Atlantique se mobilise contre les mutilations sexuelles faites aux femmes

Extrait du film J'avais 9 ans, de Mattéo Dugast https://www.youtube.com/watch?v=A3ysq2r6_2E

Depuis 2012, le 6 février est la date qui marque la lutte internationale contre les mutilations sexuelles faites aux femmes.

Ces mutilations touchent 200 millions de femmes dans le monde et 60 000 femmes en France. Elles sont une des expressions des plus abjectes de la domination des hommes sur le corps des femmes.

C’est à l’approche de cette journée internationale que le département de la Loire-Atlantique en partenariat avec la préfecture, a organisé vendredi 5 février une matinée de visio conférence afin de sensibiliser sur ces mutilations.

Parmi les invité·e·s de cette web matinée, des figures nationales de la lutte contre ces violences faites aux femmes comme la docteure Ghada Hatem, gynécologue-obstétricienne, fondatrice de la Maison des femmes de Saint-Denis, Isabelle Gillette Faye, directrice générale de la Fédération nationale GAMS (Groupe pour l’Abolition des Mutilations sexuelles Féminines, des Mariages forcés et autres pratiques traditionnelles néfastes à la santé des femmes et des enfants) et membre du Haut Conseil à l’Égalité, mais aussi des personnalités locales engagées sur le terrain, telles que Fatoumata Gassama, jeune nantaise fondatrice du projet UBUNTU (à l’origine d’une exposition avec une approche sensible et pédagogique présentant des témoignages, des illustrations et rappelant que ces mutilations sont interdites et punies par la loi). Parmi les autres personnalités de Loire-Atlantique on aura également relevé la présence de Sandrine Guinebretière, gynécologue-obstétricienne à la clinique Santé Atlantique, qui a fait part de son rôle dans la prise charge la réparation des patientes excisées.

Une matinée passionnante, instructive et riche de ces intervenantes mais aussi riche en soi. Cette initiative a trouvé un public nombreux composé de professionnel·le·s du domaine médical, médico-social, scolaire, des acteur·rice·s et militant·e·s associatif·ve·s, preuve que le sujet interpelle et mérite d’être mis en lumière y compris ici, en Loire-Atlantique.

Ce fut une première, comme l’a rappelé Marie-Paule Gaillochet, conseillère départementale, en charge de l’égalité des droits et de la lutte contre les discriminations du département de Loire-Atlantique. Une première que je tiens particulièrement à saluer et pour laquelle il est important que d’autres matinées suivent. Car certaines intervenantes l’ont dit à plusieurs reprises, l’important c’est la sensibilisation et la formation à l’attention des professionnel·le·s mais aussi du public concerné : les filles, les femmes mais aussi les hommes qui, en perpétuant des traditions n’ayant aucune assise religieuse, continuent à encourager des pratiques d’une violence extrême pouvant entraîner la mort.

J’apporte tout mon soutien aux initiatives qui viendront et suis prête à les relayer au plus haut. Je suis fière de mon département quand il se distingue par des actions de cette qualité et aimerais que d’autres s’en inspirent car il y a tant à faire pour lutter contre toutes les formes de violences faites aux femmes.

Photo : Extrait du film J’avais 9 ans, de Mattéo Dugast, à visionner ci-dessous.

« J’étais la plus âgée du groupe, je m’en souviens comme si c’était hier : à 9 ans, j’ai subi l’excision.» J’avais 9 ans, film de Mattéo Dugast, prix coup de cœur du jury du Mobile Film Festival 2018.

J’aime : Handicap et violences faites aux femmes, la Loire-Atlantique intensifie sa lutte

2017-10-12 - Forum FDFA Cluzel Schiappa

Il y a quelques mois, le département de la Loire-Atlantique a publié un Repère remarquable sur les violences faites aux femmes en situation de handicap « Violences faites aux femmes en situation de handicap : un sujet tabou – une parole à libérer ». La situation décrite est édifiante.

Les femmes en situation de handicap sont deux fois plus nombreuses à subir des violences conjugales. Et elles sont deux à six fois plus nombreuses à subir des violences sexuelles. Ces femmes sont nettement plus exposées.

Différentes études ont démontré que les taux sont bien plus élevés en ce qui concerne tout type de violences chez les femmes handicapées que chez les femmes sans handicap. Malheureusement trop peu renseignées sur leurs droits, elles sont aussi assez peu accompagnées lors de leurs démarches. Il est pourtant indispensable, comme l’indique le guide, que les professionnel·le·s se mobilisent, en premier recours, suivi·e·s par les services sociaux et les associations.

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