« Il faut contrer la folie guerrière d’Erdogan »

Le JDD a publié le 30 juillet 2022 la tribune suivante signée par 102 parlementaires. J’ai signé cette tribune initialement titrée Les folies guerrières d’Erdogan menacent la stabilité au Proche-Orient et la sécurité en Europe, et dont l’initiative revient à la sénatrice communiste Laurence Cohen.

Alors que la Russie de Vladimir Poutine multiplie les crimes de guerre en Ukraine, R.T. Erdogan, à l’ombre de l’émotion mondiale et du silence médiatique, envisage de lancer une énième offensive sanguinaire contre les Kurdes du nord de la Syrie. Aujourd’hui il profite de son statut de pivot de l’OTAN dans le cadre du conflit en Ukraine pour obtenir le blanc-seing de l’alliance atlantique afin d’intensifier ses attaques dans le Nord de la Syrie.

Dans les régions contrôlées par l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), malgré les conditions effroyables dues à la guerre, les populations kurdes, arabes, assyro-chaldéennes, arméniennes et de toutes les ethnies vivent ensemble et essaient de s’organiser dans un système démocratique, féministe et écologique. Elles luttent pour construire la paix dans un dialogue permanent avec les populations.

En 2019 déjà, Erdogan avait lancé une offensive au prix d’innombrables pertes civiles, de
destructions et d’actes de barbarie, visant à la déstabilisation du tissu social et politique kurde. Face aux exactions commises par l’armée turque, les pays occidentaux ne doivent plus détourner les yeux.

L’engagement des combattantes et combattants kurdes du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) et des Unités de protection du peuple (YPG) dans la lutte contre Daesh avait pourtant été décisif, salué par l’ensemble de la communauté internationale. Aujourd’hui, elles et ils semblent oubliés par ceux-là même qui les encensaient, hier, pour leur courage, leur détermination et leur héroïsme. Toutes et tous concernés, nous ne pouvons et ne devons pas laisser l’armée d’Erdogan s’en prendre une fois de plus à nos alliés kurdes.

N’oublions pas que plusieurs milliers de djihadistes, sont détenus dans les régions contrôlés par l’AANES. Un feu vert à Erdogan pour une nouvelle opération d’invasion contre la région du nord de la Syrie, signifierait une déstabilisation de la région et une menace grave contre la sécurité de l’Europe.

Parlementaires de toutes sensibilités politiques, nous dénonçons la politique de guerre du
président Erdogan et appelons les dirigeants et responsables européens à ne rien céder face à ses intimidations !

Nous appelons les États-membres de l’Union Européenne à garantir la protection des militantes, des militants et des associations kurdes présentes sur le sol européen.

Nous invitons la France à saisir le Conseil de sécurité de l’ONU pour décréter une zone
d’exclusion aérienne au nord de la Syrie et placer les Kurdes de Syrie sous protection
internationale.

Enfin, nous demandons que l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie puisse bénéficier d’une reconnaissance internationale, afin d’aboutir à une solution politique susceptible de construire une paix durable dans la région.

Solidarité avec les combats émancipateurs des femmes kurdes

Manifestation à Kobané

42 femmes parlementaires se mobilisent pour soutenir les kurdes. J’ai signé cette tribune rédigée par ma collègue sénatrice communiste Laurence Cohen.

Il est intolérable de voir les pays occidentaux détourner les yeux de ce qui arrive aux kurdes en Syrie. Alors que leurs luttes contre Daesh, à laquelle les femmes ont pris toute leur part, avaient été décisives, la communauté internationale a laissé l’armée turque d’Erdogan reconquérir Afrin.

Au Rojava, malgré les conditions effroyables dues à la guerre, femmes kurdes, arabes et de toutes les ethnies vivent ensemble et essaient de s’organiser dans un système démocratique, féministe et écologique. Elles luttent pour construire la paix dans un dialogue permanent avec les populations. Ainsi, Leila Mustapha, jeune maire de Raqqa, ville martyre, reprise aux mains de Daesch après 3 ans d’occupation. Leur lutte est un exemple de libération des femmes qui ébranle l’idée d’un État au service du nationalisme et des extrémismes religieux. Continuer la lecture de « Solidarité avec les combats émancipateurs des femmes kurdes »