Pour un #MeTooPolitique

Je suis signataire de la tribune parue ce lundi 15 novembre dans Le Monde, sous le titre Il faut « écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes » de la vie politique., que je reproduis ci-dessous et disponible sur le site www.metoopolitique.fr

Les agresseurs sexuels n’ont pas leur place aux élections de 2022

Nous, femmes travaillant dans le milieu politique, élues, collaboratrices, fonctionnaires, responsables associatives, militantes, qui côtoyons régulièrement les hommes politiques, mais avant tout citoyennes, appelons le monde politique à une réponse d’ampleur aux violences sexuelles et sexistes commises par nos représentants.

Au sein du Parlement, des mairies, des conseils départementaux et régionaux, des hommes mis en cause, parfois condamnés, pour viol, pour agression sexuelle, pour atteinte sexuelle sur mineur·e, pour violences conjugales sont élus, malgré les discours affichés sur la lutte contre les violences faites aux femmes, malgré nos alertes répétées. Qu’est devenue la grande cause du quinquennat ?

En avril 2022, nous choisirons le ou la présidente de la République. Trois candidats ou potentiellement candidats à l’Élysée sont déjà cités dans de nombreux témoignages d’agressions sexuelles. Cela ne les empêche pas, loin de là, de considérer qu’ils sont dignes d’occuper la magistrature suprême. C’est dire à quel point la condition des femmes et des victimes leur est indifférente. En juin 2022, nous élirons  les membres de l’Assemblée nationale.  Aujourd’hui, parmi les 577  député·e·s, certains  sont auteurs de violences sexistes et sexuelles. 

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Pourquoi nous appelons à une journée nationale de lutte contre le sexisme

Ensemble contre le sexisme

J’ai apporté ma signature à cette tribune dont l’initiative revient à ma collègue sénatrice Laurence Rossignol mais aussi à diverses personnalités appelant à la création d’une journée nationale de lutte contre le sexisme. Publiée dans le Huffingtonpost, j’en reproduis le contenu ci-dessous.

Depuis 2017, chaque année, en janvier, le collectif Ensemble contre le sexisme a monté une grande manifestation contre le sexisme dans tous les secteurs de la vie personnelle, professionnelle et sociale en partant d’un même constat. Le sexisme constitue le terreau fertile où s’amorcent et s’alimentent les inégalités entre les femmes et les hommes : il autorise les violences et laisse le champ libre à tous les prédateurs, harceleurs ou violeurs et il limite le champ des possibles et couvre d’un voile noir la moitié des désirs et aspirations auxquels filles et garçons, femmes et hommes, peuvent prétendre. Le rose et le bleu non seulement formatent irréductiblement nos comportements mais portent aussi le signe d’une stigmatisation permanente du pôle féminin : le masculin l’emporte toujours sur le féminin, comme en grammaire.

Nous portons un même élan et une conviction inébranlable : c’est dans le partenariat et dans la déconstruction des stéréotypes de sexe qu’une société meilleure peut advenir pour les hommes comme pour les femmes.

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J’aime pas : le sexisme au quotidien mérite un uppercut !

Le courrier : c’est un aspect qui échappe certainement à nos concitoyen·ne·s mais les parlementaires reçoivent beaucoup de courrier : sollicitations individuelles ou collectives, invitations, prises de positions utiles à l’analyse et beaucoup de presse spécialisée, permettant à nombre d’organisations de communiquer sur leur actualité.

Cette semaine, à la lecture de ce courrier, j’ai déniché une pépite sexiste dans Le Bâtiment Artisanal, le magazine édité par la confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB).

Le contexte : dans l’Aveyron, la fédération et un club sportif organisent un gala de combats de boxe pour promouvoir le syndicalisme du bâtiment. Un match de boxeuses est même prévu pour mettre en valeur la pratique féminine. Rien à redire à ce stade.

Affiche de l’Aveyron Boxing Tour co-organisé par la CAPEB de l’Aveyron

À l’affiche, ça se corse : une boxeuse. Assise, passive, prête à jeter l’éponge ? Là où d’autres galas de boxe n’hésitent pas à montrer les pratiquantes au combat, poings levés ou en garde, celle ci n’évoque vraiment pas les qualités requises pour le « noble art»…

Et dans le magazine ?  Une photo de la tribune protocolaire de cet évènement met à l’honneur onze hommes ! La parité pourtant revendiquée comme une valeur du syndicat des artisans du bâtiment est envoyée au tapis. Page Aveyron du magazine 395 CAPEB de mai 2019

C’est décevant, mais tristement révélateur d’un sexisme du quotidien que nous devons toutes et tous dénoncer.