HAD : quand l’hôpital vient à votre chevet

Je me suis rendue cet après-midi dans un hôpital particulier : ses 350 patient·e·s soigné·e·s chaque jour vivent à leur domicile. Les équipes de la HAD Nantes & Région assurent les actes classiques de l’hospitalisation sur le lieu de résidence des personnes (leur domicile ou en EHPAD), essentiellement pour des missions visant à raccourcir ou éviter un passage à l’hôpital. L’association HAD Nantes & région, à statut d’établissement de santé privé à but non lucratif, porte cette activité hospitalière. Nettoyage de plaies complexes, accompagnement en soins palliatifs, traitement de la douleur, prise en charge des maladies neurodégénératives (maladie de Charcot, sclérose en plaques…), près de 150 professionnel·le·s de santé se relaient au chevet des patient·e·s, avec l’appui de prestataires en activité libérale et une équipe psychosociale.

En fin d’hospitalisation, la moitié des patient·e·s restent à leur domicile (où parfois des soins infirmiers plus simples prennent le relais), un quart sont transférés vers une structure hospitalière pour d’autres soins ou interventions ; compte tenu de la prédominance des accompagnements en fin de vie, un patient sur cinq décède lors de cette hospitalisation à son domicile.

Le siège de cet hôpital est basé à Orvault, où se réunissent les équipes soignantes et de coordination, et où est assurée la logistique en médicaments et matériel médical (photo ci-dessus). Trois antennes à Nozay, Vertou et Ancenis complètent l’organisation des interventions de proximité dans la majeure partie du département de Loire-Atlantique (Sur la côte et la Presqu’île, l’hospitalisation à domicile est assurée par le centre hospitalier public de Saint-Nazaire, dans le vignoble par l’antenne de Montaigu de la HAD Vendée).

De gauche à droite : la Dre Anne Fourquier, responsable médicale, Michelle Meunier, sénatrice, Agnès Pichot, directrice et Élisabeth Hubert, présidente de HAD Nantes & Région, lors de la visite des locaux du siège de HAD.

Je remercie l’équipe et la présidente de la HAD Nantes & région, l’ancienne ministre de la santé et députée Élisabeth Hubert, également présidente de la fédération nationale HAD, de m’avoir présenté les rouages de cette activité hospitalière, les problématiques rencontrées (tarification, travail partenarial avec les autres métiers du sanitaire et social au domicile) ainsi que les pistes de développement de cette forme d’hospitalisation chez soi.

J’aime : Brevets sur les vaccins, faire passer la santé avant le commerce, l’OMS avant l’OMC

En cette période de pandémie mondiale, les inégalités entre les pays du Nord et les pays du Sud se creusent indéniablement et inexorablement. 

Nous savons que nous allons désormais devoir vivre avec le virus et ses variants, et qu’en dehors des gestes barrières, seul le vaccin, partout et pour toutes et tous, peut nous permettre de limiter sa propagation et le nombre de décès.

La santé « quoi qu’il en coûte »

Dans ce contexte, une initiative portée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en direction de la Commission européenne et ses États membres – à laquelle je me suis associée – mérite d’être soulignée. 

Continuer la lecture de « J’aime : Brevets sur les vaccins, faire passer la santé avant le commerce, l’OMS avant l’OMC »

J’aime : Martin Winckler réclame l’abolition du patriarcat médical

Martin Winckler dans Elle

Faut-il encore présenter Martin Winckler ? Médecin et écrivain, il relate, depuis plus de trente ans dans ses romans et essais sa vision de la pratique médicale, fondée sur l’écoute des patient·e·s, un engagement féministe sans faille et une mise à distance de l’industrie pharmaceutique.

Dans une récente tribune pour le magazine Elle, il rend un hommage mérité aux soignantes, les véritables soldates en première ligne de cette guerre contre le coronavirus. Il rappelle que « la grande majorité des professions de santé sont assurées par des femmes. La profession infirmière, qui en constitue plus de la moitié, est féminine à près de 90 %. Mais, parce que leurs métiers sont subordonnés à « l’autorité » des médecins, les soignantes professionnelles sont encore mésestimées, surchargées de travail et sous-payées ».

Lucide, ce médecin est conscient de ce qu’il doit à ces soignantes dans son éthique du soin : « c’est une femme qui m’a permis de comprendre que faire une IVG ou insérer un stérilet sans faire mal, c’est un soin ». Lucide, il l’est tout autant pour constater que la formation médicale aurait beaucoup à apprendre des soignantes. Il dénonce alors le pouvoir détenu par les hommes dans le système de santé en France.

Sa tribune, qui se termine par un appel à « renverser le patriarcat médical », fait écho à nombre de mes combats pour un meilleur accompagnement sanitaire des victimes de violences conjugales ou de violences sexuelles (qu’elles soient commises sur les enfants, ou comme les violences gynécologiques, sur les patientes).

Que cet allié soit ici remercié pour ses mots.

Découvrir Martin Winckler :

Photo : capture d’écran du site de Elle.